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Barrès, Déroulède et leurs héritiers…

Par Erwan Boreau

Face à l’actuel marasme intellectuel où le niveau des débats politiques prêtent plus à rire qu’à réfléchir, il peut être intéressant de comparer l’effervescence politique du XIX° et début du XX°Siècle à notre époque actuelle, où Barrès, Bourget, Maurras, La Tour du Pin, Bacconier et encore tant d’autres noms de penseurs politiques renverraient les actuels chefs de partis au bac à sable politique, avec la fessée réglementaire.

Si l’Action Française continue de transmettre et d’actualiser la pensée politique de ses fondateurs et maîtres, les actuels héritiers du nationalisme barrésien font apparemment pâle figure. Barrès, Déroulède ou encore Bazin : non seulement ces grands noms ont complètement disparu du vocable des partis dits « nationalistes », mais l’actuel paradigme politique d’une grande partie de leurs héritiers, en semble bien éloigné.

Que ce soit par appétence électorale ou par couardise politique, ces rocs inaliénables que constituaient la souveraineté politique et économique de la France, le respect de la vie humaine, les racines chrétiennes de la France ou encore l’enseignement de l’Histoire de la Patrie s’écroulent doucement, pour laisser place à une copie diaphane et sans saveur de ce qu’était, historiquement, le nationalisme républicain.

Toutefois, même s’il était intrinsèquement stérile car dans l’erreur républicaine, même s’il n’avait saisi que la démagogie est consubstantielle au système démocratique, ce patriotisme – parce qu’attachement réel et inexpugnable à la « Terre et les Morts » – était une première marche vers le Royalisme et donc, de facto, vers le Salut de la France. Comme l’écrivait en Août 1906 Maurras à son ami Barrès :

« Est-il possible de transformer chez quelques Français intelligents, énergiques, puissants, le vague sentiment nationaliste en une claire volonté royaliste […] ? Voilà les questions. Bien posées, elles ne comportent que des réponses affirmatives. »

Si historiquement, « La France Seule ! » de l’Action Française pouvait donc trouver un écho certes partiel, mais réel, dans le « Qui vive ? France ! » de la Ligue des Patriotes, force est de constater qu’aujourd’hui, le patriotisme est principalement royaliste en France. Barrès, dans l’introduction de sa conférence « La Terre et les Morts » à la Ligue de la Patrie Française, rappelait « votre principe qui doit marquer toute votre destinée : nous sommes des gens de toutes classes, convoqués par une élite d’historiens, de savants, d’artistes et de grands lettrés, dans un sentiment d’utilité générale, pour aviser aux nécessités de la Patrie. »

Comme l’a parfaitement expliqué François Marcilhac dans son récent éditorial sur la stratégie de l’évitement, l’utilité générale, le sens du dévouement patriotique ont cédé face à la compromission électoraliste : Maurras a gagné par l’exemple. Aujourd’hui, qui se bat réellement contre la décrépitude française ? Qui est réellement aux avant-postes pour la défense de la Patrie contre l’islamo-gauchisme, l’abandon de notre industrie et savoir-faire français, contre la soumission de notre Patrie aux décisions bruxelloises ? L’Action Française.

Les héritiers de Barrès et Déroulède existent encore, bien évidemment. Fiers nationalistes, viscéralement attachés à la terre de leurs pères, ils ne se retrouvent toutefois plus dans ces grands partis à l’électoralisme coupable. A l’instar du lorrain Barrès, ils se posent certainement cette question « Par quels moyens pourrions-nous relever l’État ? » – à nous, royalistes, de les mener vers la conclusion monarchique.

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