Jean-Camille Emeriau redonne vie à P’tit Jean le Brigand

Ptit Jean le BrigandPuisant aux sources d’un vieux manuscrit de famille, d’archives passées au crible de la généalogie, de récits et de traditions orales collectés des années durant, Jean-Camille Emeriau a restitué la vie extraordinaire de son arrière-arrière… grand-oncle, p’tit Jean Allaire, au XVIIIe siècle, dans ces « années de pain noir et de soupe sans sel ». 
Sur les bords de la Loire, entre Drain et Chantoceaux, le chemin de misère de p’tit Jean nous emmène au creux du terroir, où l’habitude de vie de nos ancêtres s’écoule entre les travaux des champs et l’appel des cloches du dimanche. Que sonne le tocsin, et nos aïeux se lèvent les premiers, pour défendre leur liberté, leur religion, dans ce conflit qui les oppose aux « Bleus » de la première République : la Guerre dite « de Vendée ».
Le bâton à la main, tel un vagabond « coureux de grands chemins », l’intrépide p’tit Jean Allaire, devenu prêtre proscrit par la loi, pourchassé comme chef des Brigands, nous entraîne sur les champs de bataille de l’armée en sabots, sur les sentiers glacés de la terrible « Virée de Galerne », jusque dans les scènes les plus horribles de la Terreur…
P’tit Jean le Brigand, 1762-1826, 216 pages, 15 x 23 cm,
ISBN 979-10-92338-04-1
20 € (franco de port) 

publié chez La Chouette de Vendée,
La Gerbaudière 85140 Saint-Martin-des-Noyers
Téléphone : 02.51.46.84.99 – Portable : 06.47.61.25.82
Courriel : lachouettedevendee@gmail.com

17 Octobre 1793 : La Déroute de Cholet, le Pardon de Bonchamps

L’épouse du général Lescure, Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein écrivit dans ses mémoires:

« M. Cesbon d’Argognes, vieux chevalier de Saint-Louis, les avait conduits. C’était un homme fort dur, il en avait fait fusiller neuf en route, qui avaient cherché à s’échapper. On ne pouvait les traîner plus loin, ni leur faire passer la rivière. Que faire des quatre à cinq mille prisonniers à Saint-Florent ? C’était la préoccupation des officiers; j’étais présente, tous convinrent qu’il fallait les fusiller sur-le-champ, ce fut l’avis général, mais quand on demanda : « Qui ira en donner l’ordre ? » personne n’en eut le courage ; l’un disait que ces malheureux pris la plupart depuis quatre à cinq mois n’étaient pas la cause des massacres, que cette horrible boucherie, commise de sang-froid, était au-dessus de ses forces; un autre que ce serait légitimer, pour ainsi dire, les horreurs commises par les Bleus; que cela redoublerait la rage des patriotes et les empêcherait de faire grâce à aucune créature vivante dans la Vendée, où il restait encore plus de la moitié des habitants. Enfin personne ne voulant faire exécuter une résolution aussi barbare, chaque officier se retira sans donner d’ordre. M. de Lescure n’avait pu prendre part à aucune délibération, il était couché sur un matelas et moi assise dessus, seule je pus l’entendre, quand on parla de tuer les prisonniers, dire entre ses dents : « Quelle horreur » »

 La blessure était si grave qu’elle ne laissait aucune espérance. M. de Bonchamps le reconnut à la sombre tristesse qui régnait sur toutes les figures ; il chercha à calmer la douleur des ses officiers ; il demanda ensuite avec instance que les derniers ordres qu’il allait donner fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit qu’on donnât la vie aux prisonniers renfermés dans l’abbaye ; puis se tournant vers d’Autichamps, il ajouta :«  mon ami, c’est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l’assurance qu’il sera exécuté. L’ordre de M. de Bonchamps, donné sur son lit de mort, produisit tout l’effet qu’on devait attendre.

« Camarades, vous m’avez obéi jusqu’à ce jour, qui est le dernier de ma vie; en qualité de de votre commandant, je vous ordonne de pardonner à mes prisonniers. Si l’ordre d’un chef mourant n’a plus de pouvoir sur vous, je vous en prie, au nom de l’humanité, au nom de Dieu, pour lequel vous combattez ! Camarades, si vous dédaignez mon ordre et ma prière, je vais me faire porter au milieu de mes prisonniers et de vous, et vos premiers coups tomberons sur moi« 

Source : Wiki

Les légendes révolutionnaires, épisode 6 : L’héroïne de Saint-Milhier

Tandis que je parcourais sur internet les articles d’un groupe dédié à la Vendée et à la Chouannerie, mon regard s’est figé sur une image associée à un texte intitulé « Les femmes guerrières ». Le propos ne concernait que des Vendéennes – Madame de Lescure, Marie-Antoinette Adams, ou encore les amazones de Charette – et son auteur aurait été mieux avisé de choisir une autre illustration que cette gouache révolutionnaire de Lesueur, « L’héroïne de Milhier ».

Heroine de Saint MilhierL’héroïne de Milhier, par Lesueur (Musée Carnavalet, Paris).
On notera que dans cet exemple la ville de Saint-Milhier
a été touchée par la déchristianisation de l’an II

D’où provient cette image popularisée par tant de peintres et graveurs ? Vraisemblablement de l’Est de la France, à l’époque où Prussiens et Autrichiens menaçaient la frontière lorraine. Car ce « Milhier » ou « Saint-Milhier » ne serait autre que Saint-Mihiel, dans la Meuse. On en trouve l’origine dans les écrits de Léonard Bourdon, auteur en l’an II d’un Recueil des actes héroïques et civiques des républicains français, ouvrage dans lequel les peintres de l’époque ont copieusement puisé afin de garnir l’iconographie révolutionnaire.

Le troisième fascicule de ce Recueil rapporte en effet l’anecdote suivante : « 15 brumaire, l’an premier. Les ennemis s’étaient rendus maîtres de Saint-Milhier. Une jeune femme, entourée de ses enfants, était assise tranquillement dans sa boutique, sur un baril de poudre ; elle tenait deux pistolets à la main, disposée à faire sauter la maison et toute sa famille plutôt que de tomber au pouvoir des brigands. Son courage et cette mâle contenance leur en imposèrent, et son asile fut respecté. » On peut déjà se demander ce que cette femme faisait tranquillement assise sur un baril de poudre, en notant qu’à cette date du 15 brumaire an premier – 5 novembre 1792 – la Vendée n’était pas encore en guerre et que le récit n’en fait, du reste, nulle mention.

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« L’Empreinte de la Guerre de Vendée », colloque à l’Historial de la Vendée les 24-25 octobre 2013

Le soulèvement vendéen de 1793, il y a deux cent vingt ans cette année, a déjà fait l’objet de divers colloques organisés par le Centre vendéen de recherches historiques. Outre celui d’avril 1993, « La Vendée dans l’Histoire » – qui peut être considéré comme fondateur, puisqu’il a suscité l’idée de créer le CVRH – plusieurs autres ont permis d’analyser en profondeur les conséquences de ce mouvement d’essence populaire dans l’histoire et la sociologie vendéennes.

Guerre de Vendee
Il a paru aujourd’hui intéressant de montrer la façon dont ce soulèvement a frappé les imaginations et les sensibilités – et continue à la faire plus de deux siècles après – dans les domaines les plus divers, littérature, spectacles, œuvres d’art, chanson populaire… De montrer également comment cet événement dramatique ressurgit régulièrement dans la mémoire collective, qu’il s’agisse de commémorations officielles ou de découvertes scientifiques : l’écho médiatique entourant les travaux archéologiques issus des charniers du Mans en est une démonstration frappante.

C’est la raison pour laquelle a été lancé cette idée d’un colloque consacré à cette approche, « L’Empreinte de la Guerre de Vendée ». Durant deux journées, divers spécialistes examineront les traces laissées par l’insurrection de 1793 et le martyre de 1794 dans d’autres secteurs que la recherche historique proprement dite.

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A la recherche de Gaspard de Béjarry, officier vendéen

Cette semaine, les Brigands du Bocage se sont mis en quête de la tombe de Gaspard de Béjarry, à Saint-Germain-de-Prinçay (85). Ils en ont rapporté un petit reportage illustré de quelques photos.

Bejarry Guerre de VendeeLa tombe de Gaspard de Béjarry, libérée de sa gangue de lierre (lien sur l’image)

M. de Villedieu nous avait bien parlé de ce modeste cimetière, jadis protestant, isolé à l’orée d’un bois. La tombe de l’officier vendéen était là, perdue dans les broussailles, mais il nous a fallu quadriller le terrain pour la dénicher enfin. L’accès envahi de buissons de ronces protégeait bien les lieux. Les jambes de Gigi en conservent de belles séquelles…

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Les Guerres de Vendée au musée de Saint-Florent-le-Vieil

Le journal Ouest-France a eu la bonne idée, vendredi dernier, de promouvoir le musée de Saint-Florent-le-Vieil, dont les collections sur les Guerres de Vendée ravissent l’amateur d’histoire.

Saint Florent le Vieil Guerre de VendeeAu musée d’Histoire locale, Alexis Jeanneteau, étudiant en histoire,
répond aux questions qui concernent le mouvement vendéen.

L’association du musée d’Histoire locale date de 1968. Présidée par Jehan de Dreuzy*, elle gère une belle collection de vêtements anciens, de coiffes, armes et documents originaux des XVIIIe et XIXe siècles, qui décrivent et expliquent les causes de l’épisode de la « Vendée militaire » de 1793.

Sous forme de guerre civile, ce mouvement a opposé les populations d’une grande partie de l’Ouest de la France, après l’exécution de Louis XVI. Dès mars 1793, le mécontentement s’installe et s’intensifie, prenant prétexte de la vente des biens du clergé, et surtout de la publication des décrets pour une conscription jugée très inégalitaire. C’est le début de l’épisode de la « Vendée militaire ». Un mouvement qui aurait fait près de 600.000 morts, selon les historiens.

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