17 Octobre 1793 : La Déroute de Cholet, le Pardon de Bonchamps

L’épouse du général Lescure, Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein écrivit dans ses mémoires:

« M. Cesbon d’Argognes, vieux chevalier de Saint-Louis, les avait conduits. C’était un homme fort dur, il en avait fait fusiller neuf en route, qui avaient cherché à s’échapper. On ne pouvait les traîner plus loin, ni leur faire passer la rivière. Que faire des quatre à cinq mille prisonniers à Saint-Florent ? C’était la préoccupation des officiers; j’étais présente, tous convinrent qu’il fallait les fusiller sur-le-champ, ce fut l’avis général, mais quand on demanda : « Qui ira en donner l’ordre ? » personne n’en eut le courage ; l’un disait que ces malheureux pris la plupart depuis quatre à cinq mois n’étaient pas la cause des massacres, que cette horrible boucherie, commise de sang-froid, était au-dessus de ses forces; un autre que ce serait légitimer, pour ainsi dire, les horreurs commises par les Bleus; que cela redoublerait la rage des patriotes et les empêcherait de faire grâce à aucune créature vivante dans la Vendée, où il restait encore plus de la moitié des habitants. Enfin personne ne voulant faire exécuter une résolution aussi barbare, chaque officier se retira sans donner d’ordre. M. de Lescure n’avait pu prendre part à aucune délibération, il était couché sur un matelas et moi assise dessus, seule je pus l’entendre, quand on parla de tuer les prisonniers, dire entre ses dents : « Quelle horreur » »

 La blessure était si grave qu’elle ne laissait aucune espérance. M. de Bonchamps le reconnut à la sombre tristesse qui régnait sur toutes les figures ; il chercha à calmer la douleur des ses officiers ; il demanda ensuite avec instance que les derniers ordres qu’il allait donner fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit qu’on donnât la vie aux prisonniers renfermés dans l’abbaye ; puis se tournant vers d’Autichamps, il ajouta :«  mon ami, c’est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l’assurance qu’il sera exécuté. L’ordre de M. de Bonchamps, donné sur son lit de mort, produisit tout l’effet qu’on devait attendre.

« Camarades, vous m’avez obéi jusqu’à ce jour, qui est le dernier de ma vie; en qualité de de votre commandant, je vous ordonne de pardonner à mes prisonniers. Si l’ordre d’un chef mourant n’a plus de pouvoir sur vous, je vous en prie, au nom de l’humanité, au nom de Dieu, pour lequel vous combattez ! Camarades, si vous dédaignez mon ordre et ma prière, je vais me faire porter au milieu de mes prisonniers et de vous, et vos premiers coups tomberons sur moi« 

Source : Wiki

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