La République en danger ?

Osez le RoyalismeLes affaires fragilisent la République, entend-on depuis quelques jours avec une certaine angoisse du côté des politiques et des journalistes, et ceux-ci nous refont, la main sur le cœur, la complainte des pleureuses dénonciatrices du « populisme » et de « l’antiparlementarisme », s’en prenant plus à la presse et aux « révélations » qu’à la réalité des affaires et aux scandales mêmes mis à jour ces derniers temps. Ce sont parfois les mêmes qui s’en prennent à l’équipe de France de balle-au-pied, aux joueurs surpayés et aux symboles d’un sport devenu une simple affaire commerciale, et qui, pourtant, ne veulent pas reconnaître que les mœurs politiciennes de la République ne valent guère mieux, avec ce même état d’esprit du type « Enrichissez-vous, et sans vergogne ni scrupule ! » qui prévaut jusqu’à la tête de l’Etat…

« La grande peur des bien-pensants » : ce titre de Bernanos s’impose aujourd’hui pour signifier l’attitude des hommes du gouvernement et d’un Etat aux abois faute d’avoir su, en temps voulu, « tailler dans le vif », c’est-à-dire prendre quelques mesures de précaution élémentaires pour éviter ce discrédit du pouvoir sarkozien, la première étant d’éviter le mélange des genres, de la finance et de la politique ! Jamais M. Woerth n’aurait du cumuler les fonctions de trésorier de l’UMP avec celles de ministre, du budget puis du travail, cela semble évident : ça ne l’est visiblement pas pour celui qui, aujourd’hui, se dit victime d’une cabale indigne.

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[Texte de référence] Reprendre le Pouvoir, par Pierre Boutang

« Je vois monter à l’horizon avec la lenteur de tous les processus dont se compose la vraie histoire de l’homme, un grand mécontentement qui ne ressemble à aucun de ceux que l’on a connus jusqu’ici. On ne s’insurgera plus seulement, comme dans le passé, contre le règne d’une tendance déterminée, pour faire triompher d’autres tendances. On s’insurgera pour l’amour de l’authenticité dans la réalisation contre la fausse manière de réaliser une grande aspiration de l’aspiration à la communauté. On luttera contre la distorsion et pour la pureté de la forme, telle que l’ont vu les générations de la foi et de l’espoir. » Un « nouveau Moyen Âge » comme l’ont entrevu Berdiaeff et Chesterton ? Les ricorsi ne sont pas de pures répétitions ni même de simples renouvellements. Sûrement : une manière de rendre vaine l’opposition de l’individualisme et du collectivisme, telle qu’en usent, pour leurs courtes ambitions, les barbares et les freluquets. L’âge des héros rebâtira un pouvoir ; il n’est pas de grand siècle du passé qui ne se soit donné cette tâche même aux âges simplement humains, où les familles, lassées de grandeur, confiaient à quelque César leur destin, à charge de maintenir le droit commun, le pouvoir reconstruit gardait quelque saveur du monde précédent. Notre société n’a que des banques pour cathédrales ; elle n’a rien à transmettre qui justifie un nouvel « appel aux conservateurs » ; il n’y a, d’elle proprement dite, rien à conserver. Aussi sommes-nous libres de rêver que le premier rebelle, et serviteur de la légitimité révolutionnaire, sera le Prince chrétien. »

Royaliste aujourd'hui

Du militantisme royaliste

Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l’ennemi sera victorieux une fois sur deux. Que dire de ceux qui ne se connaissent pas plus que leurs ennemis ? » 

 
Cette phrase, tirée de l’oeuvre de Sun Tzu, résume à elle seule tout l’art du militantisme politique, l’essentiel du combat royaliste.
Parce que dans notre régime républicain si prompt à bafouer les libertés les plus élementaires, briser les chaînes de la servitude et décider de lutter contre le panurgisme ambiant n’est pas un acte anodin mais un choix lourd de conséquences.
 
Il faut tout d’abord se former, apprendre à connaître toute la pensée royaliste sur les différents sujets de la vie quotidienne : étudier l’aspect social et économique  avec René de la Tour du Pin, Albert de Mun ou encore Firmin Bacconnier ; l’aspect politique avec Maurras, Daudet mais également Bainville ; l’aspect religieux avec Antoine Blanc de Saint Bonnet ou bien Saint Thomas D’Aquin. Se former, c’est d’abord et avant tout former son esprit à l’indépendance et à la réflexion : c’est former ses convictions et les étayer, les développer et les assurer. Il faut donc d’abord apprendre à se connaître, pour reprendre l’expression de Sun Tzu.
 
Ensuite, il faut étudier la république, ses intrinsèques défauts et les odieuses hypocrisies inhérentes à son épanouissement. Dans ce domaine, étudier les écrits d’Aristote, de Montesquieu et même des révolutionnaires les plus ardents comme Louis Antoine de Saint Just reste une référence essentielle et indispensable. Ainsi, l’actuelle inflation normative républicaine aurait été le signe évident d’une tyrannie par Saint Just, « Celui qui donne à un peuple trop de lois est un tyran » écrivait il dans ces Fragments sur les Institutions Républicaines…
Aristote, le premier philosophe à avoir pensé à la démocratie et souvent cité par les républicains, était, et la plupart de ces mêmes républicains l’ignore, un fervent défenseur de la monarchie au niveau de l’Etat, par cette formule consacrée : « la monarchie dans l’Etat, l’aristocratie dans la province et la démocratie dans la commune ». Voilà pourquoi il est primordial de connaître son ennemi : démontrer ses failles et ses faiblesses, démolir ce mythe de la « démocratie salvatrice » est la première condition sine qua none à un militantisme actif.
 
Enfin, après ces deux étapes essentielles, n’importe quel royaliste peut aller militer dans la rue, démontrer l’impertinence de la république et l’importance vitale d’un prompt rétablissement de la monarchie française. Alors, qu’attendons nous ?
 
Soldat avec le drapeau royal