Attentat de Christchurch

Classification d’une action armée asymétrique

Le 15 mars 2019, la ville de Christchurch (Nouvelle Zélande) a été le lieu d’une opération terroriste. Une des cibles de l’opération était une ancienne église reconvertie en mosquée. L’usage des modes opératoires de type asymétriques tend à devenir systémique. Il est intéressant de se pencher sur les difficultés de classification relative à un paradigme aussi « flou ».

La classification catégorielle : principes et problèmes.

Alain de Benoist, philosophe anti-libéral à livré une pensée dans son ouvrage Mémoire vive publié en 2012 :

« L’extrémisme consiste à pousser jusqu’à l’absurde même les idées les plus justes… il est réducteur, simpliste, borné. […] La radicalité est tout autre chose. Elle implique de chercher toujours à comprendre plus loin, en remontant à la racine (radix) […]. Être radical, ce n’est pas seulement refuser le compromis, c’est s’intéresser aux causes lointaines […]. La recherche des principes premiers, la méditation sur les choses ultimes font partie de la radicalité. Ce qui exige d’être intellectuellement structuré. »

A l’aune de cette réflexion initiale il faut s’interroger sur la nature du type d’acteur que Brenton Tarrant incarnait. En effet, à l’heure actuelle il existe tout un pluriversum d’acteurs de types asymétriques. Opérer le travail de la distinction entre les types d’acteurs fut la tâche de divers spécialistes en intelligence stratégique. Ce travail s’est effectué sur la base de critères arrêtés et adaptés.

Paradigmes d’élaboration des catégories : figure de l’idéal-type ou figure dynamique ?

Au delà de la masse multivalente des catégories, il faut se baser sur le principe d’élaboration de ces entités. Il se dégage deux principes, deux paradigmes, de construction de ces catégories.

Le premier consiste à établir la formule fixe de « l’idéal-type » weberien. Ce dernier représente le centre de gravité catégoriel. Il permet d’analyser le taux de correspondance (match-rate) relatif de l’acteur ou du groupe d’acteurs en fonctions de curseurs d’identification.

Le second paradigme consiste en une analyse plus dynamique. Il se base sur la notion de disruption logicielle. Cette notion sert à évaluer, non plus le taux de correspondance, mais les franchissements transcatégoriels.

Ces deux méthodes structurelles ne sont pas antagonistes, et s’avèrent même complémentaires. Cependant, la difficulté principale pour lier ces deux grands principes reste la détermination qualitative des logiques principielles. Sociologues, experts militaires et analystes civils n’utilisent pas les mêmes références pour l’approche d’un sujet. Le danger principal est de définir une quantité trop restreinte de principes d’analyses. En effet, cela tend à orienter ces derniers vers une désincarnation « a-formelle » et donc inapplicable sur le terrain.

Exemple d’une classification bi-structurelle

Une tentative de conciliation a été tentée en 2016 à travers un schéma d’analyse dans le cas du conflit ukrainien. L’axe de recherche principal fut celui de la notion de mutation. Les recherches ont démontrées que les facteurs de mutations n’étaient pas seulement pléthoriques, ils étaient surtout multiniveaux. Le résultat de cette analyse, simplifié et représenté par le schéma suivant. Il a permis de démontrer la compatibilité logicielle entre principe fixe (idéal-type) et dynamique (principe de disruption). Naturellement les critères retenus qui ont été retenus ici ne sont pas les seuls envisageables. Il est possible de pouvoir établir ce schéma sur une structure identique avec un ensemble référentiel différent. Par exemple, faire mention des notions de seuil disruptif, dualité légal-illégal, formes d’actions, implication religieuse et/ou politique…


LÉGENDE :

1 ) Le « pluriversum » d’acteurs.

Partisan : Aire des : unités infra-conflictuelles partisanes.
Révolutionnaires : Aire des : unités infra-conflictuelles révolutionnaires.
Rebelles : Aire des unités infra-conflictuelles « récalcitrantes ».
Armée : Aire des : unités infra-conflictuelles conventionnelles.
SMP : Aire des : unités extra-conflictuelles militaires privées.
Unités trans-conflictuelles « mercenaires ».

2 ) Mutations effectives.

[Flèches noires] : Vecteurs des mutations trans-catégorielles.
[Flèches rondes] : Vecteurs des mutations trans-conflictuelles.

Schéma inspiré du schéma de classification du terrorisme de Jacques Baud :
BAUD Jacques, La guerre asymétrique, ou la défaite du vainqueur, Éditions du Rocher, Monaco 2003, 210 pages. Page 146.

Il serait tentant, reprenant la formule sur la radicalité de De Benoist, d’opérer une distinction pragmatique entre extrémisme et radicalité. En effet, il est possible d’affirmer que le terrorisme est l’extrême. Les partisans, néo-partisan et autres seraient, eux, des radicaux. Il s’agirait en réalité d’un simplisme tendant à l’inanité des analyses précédentes.

La question de l’appartenance de Tarrant ne peut se poser qu’en ayant étudié le type même de sa propre nature. La disparité des référentiels et la pluralité croissante des critères de qualification ne permettent plus d’achever les analyses sur le simple rattachement catégoriel. Il est trop évident et trop simple de classifier Tarrant dans la catégorie du terrorisme.

Cependant, si l’on se réfère au schéma initial de Jacques Baud, l’on se rend compte qu’au sein de cette catégorie principale, existe de la même manière, un pluriversum de catégories relatives. Cela est valide pour toutes les catégories existantes d’acteurs asymétriques. Qui plus est, chaque catégorie principale ne se subdivise pas de la même manière. Il est impossible, et impensable, de pouvoir fonder une structure opérationnelle de toutes les catégories et sous-catégories d’acteurs asymétriques. Cela vient de la nature asymétrique de ces structures qui se fonde en puissance sur le principe de la disruption.

Pour autant, les idéaux-types ne sont pas annulés mais relativisés. S’il n’existe pas un idéal-type du « terroriste » il existe des idéaux-types de terroristes : « religieux », anarchiste, anti-spéciste, écologiste, etc,. Il faut donc veiller à ne jamais chercher un idéal-type d’une catégorie principale.

En effet, du fait de la trop grande diversité des composantes intrasystémique et du nombre important des subdivisions catégorielles, l’unicité d’un idéal-type devient vaine de par son caractère absolu. Ce qui renvoie au danger de la désincarnation et de l’a-formel susmentionnés.

Pour analyser un cas comme Tarrant, il faut partir de la base de l’acteur et de ce qui le détermine en nature. C’est-à-dire l’analyser sur la base de ses méthodes et de ses logiques fonctionnelles.

Tarrant au sein de la « tripartition » nationaliste.

Le meilleur point de départ pour l’analyse de la figure de Tarrant semble être son implication politique très marquée. Ce que Carl Schmitt nommait « la haute intensité de l’engagement politique ». Il s’agit d’un des quatre critères initiaux de définition du phénomène Partisan est ce qui caractérise au mieux Brenton Tarrant. En effet, il laisse derrière lui un manifeste de plus de soixante-dix pages orné d’un Schwarzsonne avouant un romantisme politique pour le national-socialisme.

Tarrant avait également mis en place la diffusion de cet attaque sur les réseaux sociaux. Revendications et images de l’action, rien ne différencie cet acteur asymétrique (terroriste nous le verrons) d’un autre. Qui plus est, cette nature terroriste apparaît comme logique au regard de son orientation politique. En effet, il faut rappeler que le Nationalisme, en tant que principe Politique, se distingue en trois catégories dinstinctes (brièvement simplifiées pour le besoin).

Le Nationalisme réactionnaire

La première catégorie est celle du Nationalisme Réactionnaire. Il s’agit de la première forme de Nationalisme qui rejette le système et l’organisation normative post-révolutionnaire. Fondamentalement ancré dans la realpolitik, sa téléologie porte un retour à l’Ordre Traditionnel et par des modes d’actions multiples et multiniveaux comme le consacre la formule : « Par tous les moyens, même légaux. » Ce type de nationalisme est aujourd’hui incarné en France par un un groupe comme l’Action Française et les autres mouvement visant au rejet du système libéral par un retour à un ensemble des valeurs normatives mais plus largement à un retour de l’hétéronomie politique.

Le Nationalisme systémique

La seconde catégorie est celle du Nationalisme systémique. Nationalisme le plus répandu à l’heure actuelle, il est aussi le plus visible. Cette forme de Nationalisme ne vise pas au rejet du système libéral dont il dépend désormais foncièrement et au sein duquel il évolue. Sa téléologie (idéale) est celle de la revalorisation de la chose publique (Res Publica) au service de la Nation. La réalité souligne que les tenants du nationalisme systémique ont pour objectif la conservation de leur parti politique et de leurs intérêts propres.

Si leurs aspirations à la défense de la Nation et du Peuple sont revendiquées, elles n’en restent pas moins systémiquement impossibles. En effet, compte tenu du paradigme de la globalisation et du mondialisme, la téléologie libérale consiste à abolir les deux principes Peuple et Nation pour les remplacer par l’Individu et le Monde. Le Nationalisme systémique est aujourd’hui incarné par les divers partis « patriotes » comme le Rassemblement National…

Le Nationalisme Révolutionnaire

La troisième catégorie est celle du Nationalisme Révolutionnaire. Catégorie minoritaire, politiquement confuse et mêlant divers courants : fascisme, anarchisme, parfois royalisme, elle se distingue des autres par le recours à la violence armée contre le système pour instaurer « l’Ordre Nouveau ». Pour vulgariser, il s’agit d’un croisement entre les acteurs du nationalisme réactionnaire et la doctrine marxiste de la Révolution. C’est au sein de cet ensemble que Tarrant évoluait, preuve de sa prédisposition à l’action violente. Composés sur la bases d’individualités hétéroclites, la téléologie incarnée de ce courant du Nationalisme n’est pas arrêtée, ce qui explique qu’il puisse attirer en son sein pléthore de profils distincts et parfois opposés.

Hyperterrorisme : « A l’Occident, rien de nouveau »

En réalité, Brenton Tarrant, n’est en rien une figure digne d’un intérêt tout particulier. En rien novateur, en rien disruptif vis-à-vis des logiques du terrorisme et en rien inattendu, l’opération armée de Tarrant, permet de livrer un exemple d’hyperterroriste classique et de voir quelles sont les bases logicielles de cette figure.

L’Hyperterrorisme

La notion d’hyperterrorisme est issue des travaux d’Alain de Benoist, dans son ouvrage Carl Schmitt actuel : guerre juste, paru en 2007, dans lequel De Benoist, prédit assez fidèlement la figure du terrorisme des années 2010 et suivantes. Face au « flou » sémantique et à la définition trop vague du terrorisme, De Benoist avait avancé la figure de l’hyperterrorismse caractérisé par un ensemble de critères : « violence inédite et densification des caractéristiques du combattant ».

Schmitt et Aron avaient eux aussi déjà jeté les bases d’une conceptualisation d’un nouveau genre de terrorisme, plus individuel, plus absolu (au sens latin du terme : détaché de tout lien / cadre…). En effet Aron avait donc affirmé dans Penser la guerre, Clausewitz, Tome 2 : l’âge planétaire : «Le jour où la violence individuelle, les attentats, le terrorisme indiscriminé, les bombes dans les cinémas et les trains, les prises d’otages ou les détournements d’avion ne s’organisent plus selon les ordres d’un parti en vue de la libération ou de la révolution, la parenté matérielle entre les procédés de la guérilla et deux du banditisme réapparaît en pleine lumière ».

Schmitt lui présageait de cette nouvelle ère dans La notion de politique, Théorie du Partisan.« L’individu, lui, peut donner sa vie volontairement pour la cause qu’il voudra ; c’est là, comme tout ce qui est essentiel à l’homme dans une société individualiste et libérale, une affaire tout à fait privée, c’est-à-dire relevant d’une décision libre, non contrôlée, et qui ne regarde nul autre que le sujet lui-même qui librement se décide ». Il s’agit de la préfiguration conceptuelle de la figure du terroriste actuel.

Cette figure fait l’objet d’un nombre important de mystifications dont l’explication soutenue par Schmitt et — implicitement — accordée par Alain Bauer (Qui est l’Ennemi) est simple. La société occidentale libérale et individualiste permet à l’individu de transgresser le cadre de sa (ses) structure(s) sociale(s) : religion, travail, famille, associations, État, pour s’incarner librement et pleinement dans une forme qui transgresse la radicalité totale et qui mène vers « l’extrémisme ».

Conclusion : la définition de l’Ennemi dans le cadre de la légalité

Tarrant, devenu terroriste par le principe de disruption et grâce aux logiques de l’Individualisme libéral, est avant tout un acteur asymétrique. Cet état de fait primaire doit rappeler une chose fondamentale : en tant qu’acteur asymétrique, l’absence d’une norme d’action est la seule norme d’usage. L’objectif n’est pas tant la victoire à court ou long terme, mais l’action. L’action permet à l’acteur asymétrique de se perpétuer à travers la lutte pour se définir mais surtout pour définir l’Ennemi.

Il est possible de déterminer l’Ennemi par pléthore de processus et de logiques mais retenons celle qui concerne le cas Tarrant. Carl Schmitt avait proposé une définition positive de la notion d’Ennemi par celle de l’hostis : « concept premier dans une guerre ». Ainsi pour Schmitt, l’Ennemi est celui qui s’oppose à l’Ensemble et contre lequel l’action hostile est légale et donc légitime. Selon Tarrant, cette définition correspond à la « menace » invoquée dans son manifeste contre le « Grand Remplacement » et qui mena à son action.

Cependant, la détermination de la figure de l’Ennemi répond à un ensemble de processus. Si l’Ennemi est en substance la menace hostile qui se dresse contre l’Ensemble, définir et nommer l’Ennemi n’est pas une prérogative ouverte. En effet Carl Schmitt soulignait, avec raison, « est souverain celui qui décide de la situation d’exception ». Chez cet auteur la « situation exceptionnelle » amène le principe de décision politique (décisionnisme). Or, la prise de décision est une prérogative relative au détenteur du cadre légal, celui qui est à même de transgresser ce cadre pour surmonter la « situation d’exception ».

Il ne fait aucun mystère que Tarrant, individu et produit individuel n’était en rien le détenteur du cadre légal. Il n’avait donc aucune légitimité d’agir. Ce faisant, restant ancré au système Libéral et ne possédant pas la puissance de décision pour désigner légalement l’Ennemi. Le déni de la Légalité et de la norme en général est une des particularités des acteurs asymétriques et notamment des nationalistes révolutionnaires. Tarrant se revendique comme un combattant politique, mais en niant le cadre de la légalité et de l’action légitime, il ne reste qu’un vulgaire criminel de droit commun.

Il faut garder à l’esprit que l’inflexion d’un paradigme politique ne s’est jamais effectué par une action individuelle. De plus l’action asymétrique ne vise pas à influer le Politique mais à le perpétuer. Ce faisant, la seule voie possible de changement passe par la conquête du pouvoir légal, et ce : « par tous les moyens, même légaux ».

A découvrir : « La face cachée du socialisme français » de Jean-Pierre Deschodt.

« La face cachée du socialisme français » de Jean-Pierre Deschodt, directeur du Département Histoire de l’ICES vient d’être publié aux Éditions du Cerf. Dans cette enquête minutieuse, il montre notamment qu’avant le triomphe majeur du collectivisme, les premiers socialistes exprimaient leur admiration pour Comte et Proudhon – mais qu’ils ignoraient complètement Marx.

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Cette idée de réconciliation est absurde !

Reynald Sécher, spécialiste des guerres de Vendée, conteste les conclusions du rapport de son confrère Alain Gérard.

Mandaté par les présidents du Conseil régional, du Conseil départemental de Vendée et le maire du Mans, l’historien Alain Gérard a préconisé Saint-Florent-le-Vieil comme lieu de sépulture des 154 victimes du Mans en 1793 dont les ossements ont été mis au jour en 2009. « La présence possible, parmi les 154 corps, de victimes républicaines, invite aujourd’hui les responsables publics à leur consacrer un lieu de mémoire commun. Le pardon offert par Bonchamps à 5 000 prisonniers […] me paraît désigner Saint-Florent comme le lieu de la réconciliation nationale », écrit-il dans son rapport. (1)

Reynald Sécher, un autre historien spécialiste des guerres de Vendée, fait une lecture différente des événements.

Êtes-vous d’accord avec l’idée que le lieu de sépulture doit être un symbole de réconciliation ?

Reynald Sécher : « Avant de répondre à cette question, il faut rappeler la réalité des événements. Les massacres du Mans sont la conséquence directe de la grâce de Bonchamps. Lorsque les Vendéens traversent la Loire, les 18 et 19 octobre, ils ont 5 000 soldats républicains prisonniers lesquels, conformément au plan d’extermination et d’anéantissement conçu par le Comité de salut public, le 26 juillet 1793, voté par la Convention les 1er août et 1er octobre, ont massacré de manière épouvantable les femmes, les enfants et les vieillards. Ce sont des criminels contre l’humanité. Malgré tout, ce sont des hommes et Bonchamps, en tant que chrétien, ne peut les faire exécuter d’où la grâce accordée et leur libération. Ce geste est inouï et le réduire à un pardon qui n’a jamais existé est un scandale, une incroyable manipulation qui déshonore ceux qui le proclament. En clair, Bonchamps dit : « Je ne veux pas que les Vendéens soient ce que la Convention veut qu’ils soient, c’est-à-dire des bourreaux. » Lorsque le Comité de salut public apprend cette nouvelle, il est scandalisé et décide, au nom de l’intérêt supérieur de la Révolution, qu’il ne faut pas que cette grâce et cette libération soient connues. »

Comment le Comité de salut public s’y prend-il pour passer sous silence la grâce de Bonchamps ?

« Deux décisions sont prises : l’extermination immédiate des Vendéens témoins occulaires et des prisonniers. Le deuxième plan d’extermination pris par le Comité, le 11 novembre, est très clair à ce sujet : « Le Comité a arrêté un plan vaste général tel que les brigands doivent disparaître en peu de temps non seulement de la Vendée mais de toute la surface de la République. » Il n’y a pas eu de bataille au Mans contrairement à ce qui est dit. Les Vendéens y ont laissé les femmes, les enfants, les vieillards épuisés ou malades à la mansuétude des troupes républicaines. Celles-ci conformément à la loi et aux ordres les ont exterminés sur place dans des conditions épouvantables. Ce massacre répond à la grâce de Bonchamps selon le principe « que la pitié n’est pas révolutionnaire. » Cette idée de réconciliation est absurde. Réconcilier qui avec qui. Je crois que l’urgent est de dire la réalité des événements. »

En quoi êtes-vous en désaccord avec les conclusions de votre confrère historien Alain Gérard ?

« Je dis simplement qu’il faut respecter les morts et ne pas les tuer une seconde fois. Le mémoricide perpétré à la suite de la grâce de Bonchamps est insoutenable car il tue la vie, fait douter de sa propre histoire. Donner du sens à la vie, c’est rendre la mémoire, bloquer l’amnésie mortifère. Nous nous devons de dire la vérité et nous en avons ici une occasion incroyable dans le respect. Ces hommes sont morts pour leur foi, ils ont été massacrés pour cette foi. Il faut rendre leur mort aux victimes et rendre la mémoire de cette mort au nom de la vie. »

Au final, quel site a votre préférence pour accueillir les ossements des martyrs du Mans ?

« Il n’y a qu’un lieu possible : une église ou une chapelle emblématique où ils seront respectés et honorés pour ce qu’ils étaient. Si le génocide fait disparaître ses victimes, le mémoricide tente de faire disparaître leur « ayant été » selon l’expression d’Hélène Piralian, et leur mort. Diverses solutions ont été proposées par des élus pour bloquer le mémoricide comme la reconnaissance du génocide par le Parlement, l’abrogation des lois d’extermination et d’anéantissement des 1er août, 1er octobre, 7 novembre 1793 et le retrait de ces lois. Profitons de cette occasion pour enclencher le processus. »

(1) Une seconde expertise sera remise par l’anthropologue Elodie Cabot mais la décision finale appartient à l’État.Entretien : Gabriel BOUSSONNIÈRE

Courrier de L’Ouest, 2 mai 2016

Saint-Gabriel en communion avec le Père de Montfort et la Grande Vendée

Jour de recueillement et jour de fête pour le tricentenaire de la mort du Père de Montfort : après une messe épiscopale en la basilique, l’établissement catholique Saint Gabriel de Saint-Laurent-sur-Sèvre présentait un spectacle musical « Sur les Pas de Montfort » où l’émotion le disputait à la réflexion, à la prière, en parcourant la vie intense de ce prêtre auteur du Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge et apôtre de ce qui sera 80 ans après, la Vendée Militaire.

L’introduction du spectacle est sans ambiguïté : sur un texte de Roger Martineau, l’un des chanteurs du spectacle, on rappelle à quel point le nom de Vendée est lié à l’Eglise du Christ, autant par les missionnaires et apôtres que cette région affective a donné au monde que par le Pardon qu’elle tenait de la prédication et de l’évangélisation de Montfort et qu’elle a su donner « après l’horreur qu’on a fait subir aux Vendéens, un pardon d’une fécondité digne des premiers chrétiens ». « Ce double cœur, ce Don dont jaillit un Pardon sans réserve, nous le devons à un homme qui en fut le prophète un siècle auparavant ! »

L’authenticité du Message de Montfort

Gervais Morillon, directeur de l’Institut Musical de Vendée, a été la cheville ouvrière de cet hommage au Père de Montfort. Il a su rassembler autour de lui les talents de chanteurs et de compositeurs des Frères Martineau qui ont mis en musique une douzaine de textes de Saint Louis-Marie, co-interprétés par les centaines d’enfants de l’IMV et dansés par les jeunes de l’Institut Art et Danse, tous deux abrités par l’établissement Saint Gabriel. Il a su séduire le grand comédien Mickaël Lonsdale auteur de la mise en scène et l’acteur Benoit Gourley qui tient le rôle d’un Père de Montfort convaincant.

Mais, comme le résumait Monseigneur Castet, évêque de Luçon, « l’authenticité du message du Père de Montfort habillé de modernité, donne un spectacle bouleversant ». Car c’est bien le message de ce croyant exceptionnel, délivré avec émotion et sincérité au cours de cette soirée qui marquera les mémoires et les consciences : ces cantiques de foi et de feu à la gloire de Marie que le Père de Montfort nous demande de saluer par l’Ave Maria, à la gloire de la Sagesse, de la Sainte Trinité, des Sept Sacrements, du Pain et du Vin consacré ! Un véritable catéchisme des vérités de la Foi, toujours d’actualité !

Gervais Morillon, directeur de l’IMV, les frères Patrice et Roger Martineau et l’acteur Benoit Gourlay
Le spectacle s’achevait par l’un des hymnes les plus connus du Père de Montfort, hymne que nos ancêtres chantaient avec foi : « Je mets ma confiance Vierge en votre secours. Servez-moi de défense, prenez soin de mes jours. Et quand ma dernière heure viendra fixer mon sort, obtenez que je meure de la plus sainte mort », – hymne également interprété le 25 septembre 1993 en présence d’Alexandre Soljénitsyne lors de l’inauguration du Mémorial des Lucs-sur-Boulogne -, final enthousiasmant et émouvant tandis que défilaient sur grand écran les images du Père de Montfort, de Sainte Thérèse, du Père Popielusko, de Mère Theresa ou du Professeur Lejeune, défenseur de la Vie.

Henry Renoul

Aide au Cinépride : le Département compensera le retrait de la Région

En pleine polémique, le De´partement de Loire-Atlantique annonce qu’il augmentera a` titre exceptionnel, sa contribution au festival de films Cine´pride.
Ce festival est actuellement remis en cause par le désengagement de la Région.

« Cet événement programme´ du 31 mai au 7 juin bénéficiera de l’aide du Département afin de permettre son organisation » indique le Département dans un communiqué. « Le Département, qui apporte par ailleurs une aide annuelle de 19 000 € au centre LGBT (lesbien, gay, bi et trans), entend ainsi réaffirmer son soutien a` un festival qui permet l’expression de toutes les diversités dans le cinéma contemporain ».

La commune de Rezé annonce qu’elle soutiendra elle aussi ce festival en lui occtroyant une subvention exceptionnelle de 500 €.

Le choix des nouveaux élus n’est donc pas respecté, l’on peut se demander si le choix « artistique » d’un telle programmation n’est pas un choix doctrinaire de la part du département.

A quand l’arrêt des financement communautaristes au vue du seul bien commun !

Gratuité des transports à Nantes ?

Aujourd’hui on nous sollicite énormément pour signer des pétitions en tout genre, celle ci concernant Nantes nous réagissons.
En effet Yves Ardil, retraité de 61 ans, a lancé une pétition en ligne il y a une semaine pour demander « la gratuité des transports en commun avec des grands parkings périphériques de Nantes », afin de « libérer la ville des bouchons quotidiens, et améliorera les conditions de vie de la population ».
Nous sommes particulièrement attentif à la fluidité du trafic à Nantes mais ils nous semblent incohérent de demander la gratuité des transports, car dans les faits celle- ci n’existe pas. Car cela correspondrait à une hausse significatif des impôts locaux pour les habitants Nantais.
La mise à disposition gratuite de place de parking semble une proposition intéressante, bien que cela est bien souvent déjà le cas pour ceux en périphérie de Nantes.

L’engagement religieux ?

Chers Amis
L’Association Mémoire du futur et Reynald Seycher, ont le plaisir de vous proposer cette conférence passionnante qui aura lieu à Nantes le lundi 9 mai prochain.
RSE-Pere-Jean-Baptiste-Nantes