Décès Abbé CHANTREAU

Chers Amis
Monsieur l’Abbé Alain CHANTREAU vient d’être rappelé à Dieu.
Ses obsèques auront lieu à Legé  très prochainement
Sa fidèle amitié, son érudition et son soutien à la mémoire vendéenne auront marqué ceux qui l’ont connu. il fût membre de la Société des Historiens du Pays de Retz. 
Amicalement.
Institut Nantais Historique et Littéraire

En hommage nous reprenons  ici un des ses articles :

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Cette idée de réconciliation est absurde !

Reynald Sécher, spécialiste des guerres de Vendée, conteste les conclusions du rapport de son confrère Alain Gérard.

Mandaté par les présidents du Conseil régional, du Conseil départemental de Vendée et le maire du Mans, l’historien Alain Gérard a préconisé Saint-Florent-le-Vieil comme lieu de sépulture des 154 victimes du Mans en 1793 dont les ossements ont été mis au jour en 2009. « La présence possible, parmi les 154 corps, de victimes républicaines, invite aujourd’hui les responsables publics à leur consacrer un lieu de mémoire commun. Le pardon offert par Bonchamps à 5 000 prisonniers […] me paraît désigner Saint-Florent comme le lieu de la réconciliation nationale », écrit-il dans son rapport. (1)

Reynald Sécher, un autre historien spécialiste des guerres de Vendée, fait une lecture différente des événements.

Êtes-vous d’accord avec l’idée que le lieu de sépulture doit être un symbole de réconciliation ?

Reynald Sécher : « Avant de répondre à cette question, il faut rappeler la réalité des événements. Les massacres du Mans sont la conséquence directe de la grâce de Bonchamps. Lorsque les Vendéens traversent la Loire, les 18 et 19 octobre, ils ont 5 000 soldats républicains prisonniers lesquels, conformément au plan d’extermination et d’anéantissement conçu par le Comité de salut public, le 26 juillet 1793, voté par la Convention les 1er août et 1er octobre, ont massacré de manière épouvantable les femmes, les enfants et les vieillards. Ce sont des criminels contre l’humanité. Malgré tout, ce sont des hommes et Bonchamps, en tant que chrétien, ne peut les faire exécuter d’où la grâce accordée et leur libération. Ce geste est inouï et le réduire à un pardon qui n’a jamais existé est un scandale, une incroyable manipulation qui déshonore ceux qui le proclament. En clair, Bonchamps dit : « Je ne veux pas que les Vendéens soient ce que la Convention veut qu’ils soient, c’est-à-dire des bourreaux. » Lorsque le Comité de salut public apprend cette nouvelle, il est scandalisé et décide, au nom de l’intérêt supérieur de la Révolution, qu’il ne faut pas que cette grâce et cette libération soient connues. »

Comment le Comité de salut public s’y prend-il pour passer sous silence la grâce de Bonchamps ?

« Deux décisions sont prises : l’extermination immédiate des Vendéens témoins occulaires et des prisonniers. Le deuxième plan d’extermination pris par le Comité, le 11 novembre, est très clair à ce sujet : « Le Comité a arrêté un plan vaste général tel que les brigands doivent disparaître en peu de temps non seulement de la Vendée mais de toute la surface de la République. » Il n’y a pas eu de bataille au Mans contrairement à ce qui est dit. Les Vendéens y ont laissé les femmes, les enfants, les vieillards épuisés ou malades à la mansuétude des troupes républicaines. Celles-ci conformément à la loi et aux ordres les ont exterminés sur place dans des conditions épouvantables. Ce massacre répond à la grâce de Bonchamps selon le principe « que la pitié n’est pas révolutionnaire. » Cette idée de réconciliation est absurde. Réconcilier qui avec qui. Je crois que l’urgent est de dire la réalité des événements. »

En quoi êtes-vous en désaccord avec les conclusions de votre confrère historien Alain Gérard ?

« Je dis simplement qu’il faut respecter les morts et ne pas les tuer une seconde fois. Le mémoricide perpétré à la suite de la grâce de Bonchamps est insoutenable car il tue la vie, fait douter de sa propre histoire. Donner du sens à la vie, c’est rendre la mémoire, bloquer l’amnésie mortifère. Nous nous devons de dire la vérité et nous en avons ici une occasion incroyable dans le respect. Ces hommes sont morts pour leur foi, ils ont été massacrés pour cette foi. Il faut rendre leur mort aux victimes et rendre la mémoire de cette mort au nom de la vie. »

Au final, quel site a votre préférence pour accueillir les ossements des martyrs du Mans ?

« Il n’y a qu’un lieu possible : une église ou une chapelle emblématique où ils seront respectés et honorés pour ce qu’ils étaient. Si le génocide fait disparaître ses victimes, le mémoricide tente de faire disparaître leur « ayant été » selon l’expression d’Hélène Piralian, et leur mort. Diverses solutions ont été proposées par des élus pour bloquer le mémoricide comme la reconnaissance du génocide par le Parlement, l’abrogation des lois d’extermination et d’anéantissement des 1er août, 1er octobre, 7 novembre 1793 et le retrait de ces lois. Profitons de cette occasion pour enclencher le processus. »

(1) Une seconde expertise sera remise par l’anthropologue Elodie Cabot mais la décision finale appartient à l’État.Entretien : Gabriel BOUSSONNIÈRE

Courrier de L’Ouest, 2 mai 2016

A propos de l’interview sur Louis-Grignon de Montfort

L’interview que vous avez publiée dans Famille Chrétienne numéro 1797 de fin avril sur le Père de Montfort, est surprenante ; son contenu fera probablement réagir des historiens avertis et de nombreux « vendéens ».

En effet, s’il est vrai que Louis-Grignon de Montfort n’est pas directement lié à la Guerre de Vendée, puisqu’il est mort en 1716 soit près de 80 ans avant, il n’en reste pas moins que l’étude des évènements qui se sont déroulés avant et pendant la Guerre de Vendée, montrent que la cause majeure du soulèvement est en réaction aux atteintes que la Révolution a mené contre la religion sous toutes ses formes.
Et cette Foi intégrée dont les « Vendéens » ont fait preuve, a été développée et entretenue par le Père de Montfort et ses successeurs.

L’interviewé déclare que le Père de Montfort n’aurait fait que quatre missions dans le diocèse de Luçon….
Lorsqu’on aborde la Guerre de Vendée, il s’agit, non pas du département de la Vendée (ou du diocèse de Luçon), mais de ce que l’on appelle la Vendée Militaire, c’est à dire un territoire qui s’étend sur quatre départements : les 2/3 de la Vendée départementale, une partie des Deux-Sèvres, du Maine et Loire et de la Loire-Atlantique.
A l’époque ce territoire « insurgé » concernait plusieurs diocèses dont les contours étaient très différents d’aujourd’hui (Luçon, Angers, Maillezais, La Rochelle et Nantes).
Or, sur les 72 missions que le Père de Montfort a prêchées dans l’Ouest, les 2/3 concernent cette région, la future Vendée Militaire. De plus son œuvre a continué : notamment, les « mulotins » y organisèrent 84 missions entre 1740 et 1779, (notamment, 29 à Beaupréau, 5 à Cholet, à la Séguinière etc…).

Dans presque toutes les paroisses, des prêtres réfractaires ont continué à exercer un ministère clandestin, cachés et protégés par la population au risque d’encourir les mesures de répression terribles de la part des autorités révolutionnaires qui les traquaient.
Comment expliquer ces nombreux actes de courage et de pardon qui se sont déroulés autrement que par une Foi intégrée ?

C’est ainsi que lors de la canonisation du Père de Montfort en 1947, le Pape Pie XII proclamait dans son panégyrique du nouveau Saint, que sa « prédication a été la source même dans laquelle la Vendée martyrisée a puisé son indomptable énergie dans sa lutte héroïque contre la Révolution satanique de 1793, splendide épopée écrite dans le sang …».

F. Hélie de la Harie, Nantes.