VIIe festival Anne de Bretagne

L’Association culturelle bretonne-sud Bretagne a choisi Pornichet pour organiser cette année son festival Anne de Bretagne. Du 12 au 16 juin, la ville se mettra aux couleurs bretonnes pour accueillir groupes de danse celtique et bagadou.

Le festival Anne de Bretagne souligne la part bretonne de l’histoire et de la culture populaire du département à travers musique, chants, danses, costumes et artisanat. Pornichet avait déjà accueilli le festival en en 2005 avec succès. Cette manifestation est organisée par l’Association Culturelle Bretonne-Sud Bretagne (crée en 1994),  qui soutient l’appartenance bretonne des habitants de Loire-Atlantique. Rappel : le département alors nommé Loire-inférieure a été séparé administrativement des quatre autres départements bretons par un décret du 30 juin 1941, après 1090 ans d’histoire commune.

Le programme

Du 4 au 16 juin : exposition sur l’histoire d’Anne de Bretagne et les coiffes et costumes de Pornichet et de Loire-Atlantique, salle du Conseil de l’ancienne mairie.

Mercredi 12 juin : conférence « Ducs et duchesses de Bretagne » animée par Philippe Tourault, historien français, spécialiste de la Bretagne, au foyer des anciens.

Jeudi 13 juin : entente des groupes War Leur de la Presqu’île, intermède musicale de l’ensemble Semper Felix et le groupe Strollad an Tour illis de la Turballe au Quai des Arts.

Vendredi 14 juin : concert de chorales, église Notre-Dame-des-Dunes.

Samedi 15 juin : visites commentées de Pornichet, chants de marins et fest-noz à l’ hippodrome.

Dimanche 16 juin : défilé des groupes de danses et bagadou, concours de sonneurs à hippodrome.

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10 février 1489 : Anne de Bretagne est couronnée Reine de France

Anne est couronnée duchesse de Bretagne, le 10 février 1489 dans la cathédrale de Rennes par l'évêque du diocèse, Michel Guibé.
Anne est couronnée duchesse de Bretagne, le 10 février 1489 dans la cathédrale de Rennes par l’évêque du diocèse, Michel Guibé.

Cet anniversaire du couronnement d’Anne de Bretagne peut être une bonne occasion pour (re)découvrir l’histoire de la belle duchesse :

« La petite Anne, née en 1477, est sevrée dès son jeune âge par une dame de Rennes, Mme Eon. Anne a une sœur Isabelle (ou Isabeau), née en 1478 et décédée en 1490. François II confie la tutelle de ses filles au maréchal de Rieux et à Lescun. A partir de 1480, Anne et sa sœur ont comme gouvernante Françoise de Dinan, choisie par le trésorier Landais, véritable chef de la maison ducale à l’époque. A noter que Françoise de Dinan, dame de Laval appartenait à la famille des Dinan Montafilan, et était apparentée par sa mère Catherine de Rohan, à la puissante famille des Rohan.

En 1486, Anne, alors âgée de 9 ans, assiste au décès de sa mère Marguerite de Foix. Anne est promise, dès 1486, au titre de duchesse de Bretagne. Dès son jeune âge, Anne devient un jeu dans l’échiquier politique franco breton. De nombreux prétendants se font connaître. En avril-mai 1481, un premier prétendant est présenté par le duc lui-même, qui cherche en Angleterre un appui contre le royaume de France, mais ce projet entre François II et Edouard IV tombe vite à l’eau. Le prince de Galles, fils aîné du roi d’Angleterre, devait épouser la fille aînée du duc lorsque celle-ci aurait eu douze ans, et le duché devait être dévolu au deuxième fils, qui l’habiterait et en porterait les armoiries (« In eventu quo dictus princeps Gallie ex filia predicta herede Britannie plures masculos suscitaverit, ille dux erit Britannie, arma ipsius patrie portabit, & in ea moram faciet, qui in ondine nascendi proximus post heredem Anglie filius aut frater extiterif », Morice, 395). Un autre prétendant est Louis d’Orléans (situé en seconde position après Charles VIII pour le titre de roi de France). Sur les rangs, il y avait aussi François de Rohan, fils de Jean de Rohan, Maximilien d’Autriche (alors âgé de 28 ans) et le sire d’Albrecht (âgé de 47 ans), neveu du vicomte Jean II de Rohan.

François II meurt à Couëron, le 9 septembre 1488 et son corps est d’abord inhumé au Couvent des Carmes, près de sa première épouse, avant de recevoir sa sépulture définitive dans la cathédrale Saint-Pierre (à Nantes), où Anne lui fera construire un magnifique tombeau réalisé par Michel Colombe et achevé vers 1507. »

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9 Janvier 1514 : Décès d’Anne de Bretagne

Tombeau de Louis XII et d'Anne de Bretagne
Tombeau de Louis XII et d’Anne de Bretagne

Usée par les maternités et la maladie, Anne de Bretagne, deux fois reine de France, s’éteint le 9 janvier 1514 au château de Blois. Son décès plonge la Cour dans l’affliction. Louis XII est terrassé par la douleur, mais veille toutefois à organiser en l’honneur de sa défunte épouse d’émouvantes et somptueuses funérailles.

L’hiver est si glacial que le gel pétrifie les campagnes et que les loups affamés sortent des forêts. A Blois, résidence royale, la reine Anne, duchesse de Bretagne et épouse du roi Louis XII, se meurt. En ce mois de décembre 1513, elle ne quitte plus ses appartements. Epuisée par les maternités et des fausses couches successives, déchirée par les douleurs de la gravelle, que la médecine ne peut soulager, elle sent ses forces l’abandonner. Au lendemain de Noël, elle s’est alitée, pour ne plus se relever.
Sur son lit de mort, la reine se réconcilie avec Louise de Savoie, la mère du comte François d’Angoulême, le futur François 1er, qu’elle accepte enfin pour gendre, et prie sa plus ancienne ennemie de veiller sur ses filles, Claude et Renée. Après avoir reçu les derniers sacrements, elle se fait amener les petites princesses, les bénit et confie la petite Renée, à peine âgée de deux ans, à madame Michèle de Soubise, sa loyale amie. « Je n’entends pas seulement que vous lui serviez de gouvernante, mais je vous la donne et veus que vous lui serviez de mère« , lui intime-t-elle dans un souffle.

Après dix jours de souffrances intolérables, la reine Anne rend son dernier soupir le 9 janvier 1514 au matin, à l’âge de trente sept ans. Louis XII est si terriblement affligé qu’il ne songe plus qu’à rejoindre sa défunte épouse au plus tôt. « Avant que soit passé l’an, je serai avec elle et lui tiendrai compagnie« , affirme-t-il en pleurs.
Malgré sa grande peine, le souverain veille à l’organisation des funérailles et impose à la Cour l’usage du deuil en vigueur en Bretagne. Ainsi, strictement vêtu de noir, on circule dans les appartements et les galeries en étouffant ses pas et sa voix. Aussitôt après le décès, le peintre Jean Perréal réalise une empreinte du visage de la défunte. Puis selon l’usage, les chirurgiens embaument la dépouille mortuaire après en avoir extrait le coeur, qui est scellé dans un reliquaire d’or massif. Cinq jours durant, des religieux mendiants veillent la reine Anne, dont le corps est ensuite exposé sur un lit de parade, orné de toile dorée d’hermine. C’est dans la grande salle d’honneur du château de Blois, tendue de velours noir et où, à la lueur des torches, brillent les écussons de Bretagne, que se dresse l’imposant catafalque, autour duquel rois d’armes et hérauts montent la garde. Vêtue d’une somptueuse robe en velours doublée d’hermine, couverte de joyaux, les mains gantées de blanc et jointes sur le corselet d’or, la reine porte la couronne en tête. A sa droite, est placé le sceptre, à sa gauche la main de justice.

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