Les légendes révolutionnaires, épisode 6 : L’héroïne de Saint-Milhier

Tandis que je parcourais sur internet les articles d’un groupe dédié à la Vendée et à la Chouannerie, mon regard s’est figé sur une image associée à un texte intitulé « Les femmes guerrières ». Le propos ne concernait que des Vendéennes – Madame de Lescure, Marie-Antoinette Adams, ou encore les amazones de Charette – et son auteur aurait été mieux avisé de choisir une autre illustration que cette gouache révolutionnaire de Lesueur, « L’héroïne de Milhier ».

Heroine de Saint MilhierL’héroïne de Milhier, par Lesueur (Musée Carnavalet, Paris).
On notera que dans cet exemple la ville de Saint-Milhier
a été touchée par la déchristianisation de l’an II

D’où provient cette image popularisée par tant de peintres et graveurs ? Vraisemblablement de l’Est de la France, à l’époque où Prussiens et Autrichiens menaçaient la frontière lorraine. Car ce « Milhier » ou « Saint-Milhier » ne serait autre que Saint-Mihiel, dans la Meuse. On en trouve l’origine dans les écrits de Léonard Bourdon, auteur en l’an II d’un Recueil des actes héroïques et civiques des républicains français, ouvrage dans lequel les peintres de l’époque ont copieusement puisé afin de garnir l’iconographie révolutionnaire.

Le troisième fascicule de ce Recueil rapporte en effet l’anecdote suivante : « 15 brumaire, l’an premier. Les ennemis s’étaient rendus maîtres de Saint-Milhier. Une jeune femme, entourée de ses enfants, était assise tranquillement dans sa boutique, sur un baril de poudre ; elle tenait deux pistolets à la main, disposée à faire sauter la maison et toute sa famille plutôt que de tomber au pouvoir des brigands. Son courage et cette mâle contenance leur en imposèrent, et son asile fut respecté. » On peut déjà se demander ce que cette femme faisait tranquillement assise sur un baril de poudre, en notant qu’à cette date du 15 brumaire an premier – 5 novembre 1792 – la Vendée n’était pas encore en guerre et que le récit n’en fait, du reste, nulle mention.

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Témoignage d’un prêtre réfractaire dans un registre paroissial

Les recherches généalogiques recèlent parfois des souvenirs historiques laissés dans les registres paroissiaux par quelque prêtre ou vicaire soucieux d’en laisser une trace écrite. Les documents de l’époque révolutionnaire en sont la meilleure preuve, comme cette belle profession de foi du curé de Méaudre, datée du 4 mars 1791 et dénichée dans les archives de l’Isère, qui expose point par point les raisons de son refus de prêter serment à la Constitution civile du clergé.

Pretre refractaire 1

Protestations, confession de foi et déclarations

Je soussigné Pierre Coloy, curé de cette paroisse, prévoyant que bientôt la force civile m’obligera d’abandonner le troupeau que Jésus Christ notre saint père le pape et mon évêque m’avaient confié, soit pour lui enseigner les premiers principes de notre sainte religion catholique, apostolique et romaine, soit pour lui en expliquer les principaux mystères, soit enfin pour lui administrer les sacrements de l’église.

Considérant que je suis comptable de ma conduite à mes supérieurs dans l’ordre hiérarchique de l’église, à mes paroissiens, et que je suis responsable de leurs actes envers mon Dieu voulant leur laisser un mouvement perpétuel des principes de ma religion et de ma foi, pour qu’ils puissent toujours les pratiquer et mourir comme des vrais et fidèles enfants de Jésus Christ.

(phrase barrée) Je crois que Jésus Christ a établi son église en la personne de Saint Pierre ainsi qu’il est dit en Saint Matthieu ch.16 v.18., Tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam (tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église).


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7 septembre 2013 – Autour de Gaspard de Béjarry et de l’Armée du Centre

Le samedi 7 septembre prochain aura lieu à Saint-Germain-de-Prinçay, près de Chantonnay, une journée autour de Gaspard de Béjarry et de l’Armée du Centre. Cet événement est organisé par les Brigands du Bocage, avec la participation du Souvenir Vendéen.

Froutin
Au programme :

14h30 – Rassemblement des participants sur la place de l’église à Saint-Germain-de-Prinçay (à partir de là, il est conseillé de faire du covoiturage pour des raisons de sécurité et de stationnement)

14h45 – Dévoilement de la première plaque des Brigands du Bocage à la mémoire de Gaspard de Béjarry, au Logis de Froutin, à 3 km environ du bourg de Saint-Germain-de-Prinçay

Suite du programme

Gustave Bord : La Prise de la Bastille et ses conséquences…

Cet ouvrage salutaire restitue ce que fut la situation de la France aux premiers mois de la Révolution de 1789. L’auteur en retrace les événements, décrypte les causes et les responsabilités, pour mieux démonter le mythe fondateur de la prise de la Bastille. La légende s’écroule à la lecture des faits historiques et l’on comprend mieux combien cet épisode de la Révolution en amorça la dérive.


La Prise de la Bastille et ses conséquences

La Prise de la Bastille et ses conséquences
 

Mardi 30 juillet 1793, la Convention décrète, décrète…

Le 27 juillet, la Convention a nommé Maximilien de Robespierre au Comité de Salut Public. Ce qui ne rassure pas franchement ceux qui sont pour un apaisement de la Révolution. Les premiers qui vont apprécier cette nomination sont les 31 Girondins déjà « mis sous clé » depuis le dimanche 2 juin, sous la pression des Montagnards : déjà le « coup d’Etat permanent » cher à un politicien de la Vème république. C’est le décret suivant qui doit faire trembler ces 29 députés et deux ministres  :

Décret du mardi 30 juillet qui met en état d’arrestation Montané, Président du Tribunal extraordinaire.

Montané est le Président du tribunal qui a jugé Marie-Anne Charlotte de Corday d’Armont le 17 juillet et l’a condamnée à mort à l’issue du réquisitoire de l’Accusateur public, Fouquier-Tinville. Or, celui-ci avait accusé Montané de « Modérantisme », ce qui, à l’époque, était une semi-condamnation. Il aura chaud pour son cou, sera emprisonné puis libéré après la chute de Robespierre et mourra tranquillement après 1805. Il était accusé de sympathie pour les Girondins.

Mais la Convention a aussi des préoccupations bucoliques ; à une question posée sur l’abolition des droits de pêche posée par un administrateur de Charente elle répond […]

Source et suite de l’article sur le site du Souvenir Chouan de Bretagne

Charlotte Corday

Quand la république assassine…. Thérèse de Moëlien, le 18 Juin 1793

Marquis de la Rouërie
Marquis de la Rouërie, fondateur de l’Association Bretonne

Aujourd’hui, bien peu de personnes connaissent la réalité des massacres, exécutions et assassinats qui furent commis par la république il y a à peine 220 ans… Ainsi, des milliers de français passèrent par la guillotine en quelques années, comme le fit Mme Thérèse de Moëlien de Trojolif, bretonne et royaliste, le 18 Juin 1793.

Né à Fougères le 14 Juillet 1759, elle fut connue pour son activisme au sein de l’Association Bretonne de son cousin Armand Tuffin, Comte de la Rouërie. Recrutant les nouveaux membres comme en fournissant les moyens financiers à la révolte des bretons face aux exactions républicaines, Thérèse de Moëlien fut malheureusement capturée après la mort du Comte à la fin Janvier 1793. Elle put cependant détruire les registres de l’Association Bretonne auparavant, sauvant ainsi un grand nombre de royalistes et chouans.

Dans son ouvrage La Rouërie, la Bretagne en Révolution, Ghislaine Juramie relate :

« Après la mort de son cousin, accablée, ne tenant plus à rien, Thérèse était venue se cacher dans la ville de Fougères où tout le monde la connaissait si bien. Un espion la livra…. »

Envoyée à Paris pour y être jugée avec plus de 25 autres associés, elle fut condamnée et décapitée… Victor Hugo, parlant d’elle, écrira « Quelquefois les hommes trahissent, les femmes jamais ».

On pourra poursuivre la lecture via cet ouvrage ou celui-ci.