Biographie de Louis de Bonald

Louis de Bonald naquit le 2 octobre 1754 au château familial de Monna, dans le Rouergue. Issu d’une famille de juristes, il fit ses études au collège des Oratoriens de Juilly puis servit aux Mousquetaires du Roi. Il se retira de la vie militaire en  1776 après avoir épousé Elizabeth Guiral.  En 1785, Louis de Bonald fut nommé maire de Millau ; il fut également réélu  en 1790. Il présida également l’assemblée du département de l’Aveyron, récemment créée. Louis de Bonald démissionna de ses fonctions, protestant ainsi contre le serment constitutionnel des prêtres qu’il avait refusé lui-même d’appliquer dans son village. Il émigra en octobre 1791 et rejoignit l’armée de Condé puis se retira outre-Rhin, à Heidelberg.

Sa critique des événements révolutionnaires l’amèna à publier ainsi en 1796 à Constance son œuvre maîtresse, la Théorie du Pouvoir politique et religieux dans la Société civile, démontrée par le raisonnement et par l’histoire. Bonald s’y employa à ruiner les fondements de la Révolution. Il s’opposa ainsi à la théorie du contrat social de Rousseau et à l’individualisme issu selon lui des Lumières et du XVIIIème siècle. Il affirma que la monarchie était la base de l’organisation de la société, celle-ci étant un ensemble de communautés à la hiérarchie desquelles présidait le pouvoir royal. Le roi est investit de l’autorité par la présence divine tandis que les trois ordres empêchent la tyrannie de s’installer. Enfin les corporations encadrent et organisent le travail du peuple. Cet ordre a été détruit par la Révolution qui a libéré la volonté corrompue des Hommes. Elle conduisait depuis lors le monde à sa dissolution.

Il rentra en France sous le Directoire. Il enrichit sa théorie et fit publier en 1800 un Essai analytique sur les Lois naturelles de l’Ordre social. Sous le Consulat, il exprima ses conceptions monarchistes dans un hebdomadaire, le Mercure de France, aux cotés des poètes Jean-François de La Harpe et Louis de Fontanes. Il rédiga un nouvel ouvrage, De la Législation primitive considérée dans les derniers Temps par les Lumières de la Raison, en 1802. Louis de Bonald, entra en 1810 au conseil de l’Université, un corps créé en 1806 qui doit régir l’enseignement en France. Celui-ci, désigné par Napoléon Ier comme Grand Maître, sollicita ainsi avec Bonald d’autres catholiques ultramontains, trahissant par là-même les intentions de l’Empereur …

En 1816, Louis de Bonald entra à l’Académie Française grâce à une ordonnance royale. Il publia en 1818 ses Recherches philosophiques sur les premiers Objets des Connaissances morales puis en 1827 une Démonstration du Principe constitutif des Sociétés.

La vie politique s’organisa sous la Restauration. Grâce à ses écrits, Louis de Bonald devint un des théoriciens et inspirateurs du parti ultra. Il en fut également l’une des figures les plus influentes. En 1815, il fut élu député de son département, l’Aveyron ; il sera d’ailleurs réélu après la dissolution de cette « Chambre Introuvable » l’année suivante. Au Palais Bourbon, il se fit l’avocat de conceptions antilibérales. Hostile au centralisme administratif qui lui rappelle le jacobinisme républicain, il plaidait lors des débats budgétaires la cause des communes et des départements. La dégradation de la condition des ouvriers le préoccupait également.

Son activité et ses pensées d’homme politique trouvèrent toujours un développement dans la presse. En 1818 et autour de François-René de Chateaubriand, il fit partie avec le marquis de Villèle et Félicité de Lamennais des rédacteurs du journal semi-périodique Le Conservateur qui parût jusqu’en 1820. Louis de Bonald et quelques-uns de ses rédacteurs lui donnèrent un successeur jusqu’en 1821 avec Le Défenseur. L’année suivante et à la suite du vote de la nouvelle législation sur la presse, il devint le président du comité de censure. Le député de l’Aveyron et néanmoins vicomte depuis 1821, candidat malheureux à la présidence de la Chambre en 1823, fut bientôt nommé pair de France. Avec 26 autres membres du parti ultra, il fit son entrée au palais du Luxembourg grâce à l’ordonnance du 23 décembre 1823 destinée à soutenir le ministère Villèle. Il renonça cependant à cette dignité après les Trois Glorieuses et la chute de Charles X en 1830 et se retira de la vie politique. Il décède le 23 novembre 1840.

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