Se souvenir sans légiférer

De Denis Tintillac dans Valeurs Actuelles :

« Puisque nos édiles ont cru devoir statuer sur un “génocide”, ils seraient bien inspirés de s’intéresser à la campagne d’extermination dont furent victimes les Vendéens sous la Convention. Préfacé par le président d’Avocats sans frontières Gilles-Wiliam Goldnadel, le livre récent de l’historien Reynald Secher (Vendée : du génocide au mémoricide, aux éditions du Cerf) produit des preuves accablantes. Les critères qui qualifient un génocide en droit international émanent clairement des documents officiels qu’il s’est procurés au terme d’une recherche longue de plusieurs décennies. Pourquoi pas un vaste débat sur ce livre rien moins qu’anodin ? L’enjeu est capital pour notre mémoire : le mythe de la Révolution, la genèse du totalitarisme du XXe siècle. Il rejoint la chaîne des réflexions inspirées à juste titre par le génocide des juifs par les nazis, et les persécutions antisémites d’hier et d’aujourd’hui, y compris celles du régime de Vichy. Commanditée par Robespierre avec l’aval de tous les membres du Comité de salut public, la campagne de Carrier et Turreau ne fut pas un accident de parcours historique mais la conséquence rationnelle d’un présupposé idéologique. Exactement comme les crimes de Lénine, de Hitler et de Staline.

À défaut d’une loi mémorielle, qui serait au moins aussi justifiée que celles dont le législateur nous a dotés ces dernières années, il serait opportun de s’appesantir sur ce sujet crucial. La plupart des historiens et les politiques l’occultent depuis deux siècles, et je me souviens que Chaunu s’en indignait. Il avait raison. À gauche, on a peur d’une vérité qui mettrait à nu des fantasmes récurrents, encore que camouflés ; à droite on a peur… des ombres de la gauche. Puisse néanmoins ce livre de Secher inspirer les plus courageux : le venin idéologique ayant toujours tendance à contaminer des esprits en France, nous sommes tous des Vendéens en sursis ! 

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