Sur la stratégie industrielle d’Arnaud Montebourg

Stratégie industrielle d'Arnaud MontebourgAlors que le salon de l’automobile se déroule ce weekend à Paris, François Hollande a déclaré qu’il ferait tout pour limiter la suppression d’emplois chez Peugeot PSA. Mais cette stratégie qui consiste à « limiter la casse » n’apporte aucune solution à long terme.

L’un des concepts fondamentaux en économie, que l’on apprend en première année d’université, est celui de « destruction créative ». Formulé au début du XXe siècle par l’Autrichien Joseph Schumpeter, le concept met en valeur la forte corrélation qui existe entre croissance économique et destruction d’emplois. Schumpeter rappelle que la vitalité d’une économie ne se mesure pas par le nombre d’emplois retenus ou « sauvés » dans tel ou tel secteur en déclin, mais par ceux qu’elle parvient à créer dans des branches d’avenir.   

Corollaire : empêcher la destruction d’emplois s’avérerait aussi suicidaire en économie que boucher les pores d’un organisme vivant. Plutôt donc que de s’entêter à maintenir en vie des activités ou des sites industriels devenus obsolètes, non rentables ou peu compétitifs, il incombe aux pouvoirs publics de faciliter les investissements et l’innovation technologique.

On l’a vu dans le cas de la première économie du monde. Les administrations américaines qui dans l’histoire récente ont réussi le mieux à promouvoir le renouvellement économique de leur pays – Reagan, Clinton – ne se sont pas fait connaître pour avoir essayé de « sauver » des emplois. Aucun d’entre eux, par exemple, n’a tenté de protéger Kodak de l’irruption de la photographie numérique; et pourtant des emplois y ont de ce fait été détruits. C’est justement à coup de destruction d’emplois, une destruction surpassée par la création de places de travail dans les secteurs de la haute technologie (cf. Silicon Valley), que l’Amérique a déjoué les prévisions qui l’annonçaient perdante face au Japon.

Idem en Allemagne. Le Chancelier social-démocrate Gerhard Schroeder ne se fit pas connaître, lui non plus, pour avoir mis des bâtons dans les roues à la suppression de postes, bien au contraire. Avec son « Agenda 2010 », il assouplit la législation sur les licenciements économiques – ce qui aura encouragé les entreprises allemandes à embaucher. Résultat : la compétitivité de l’Allemagne s’est renforcée en même temps que celle de la France s’effritait.

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