Vous avez dit République exemplaire ?

François Hollande, qui dénonçait la “confusion des genres” des années Sarkozy, ne semble pas pressé de donner l’exemple inverse… En six mois, sa compagne a conquis un rôle qui commence à irriter les Français. Et les élus socialistes font comme si tout leur était permis…

Il faudra sans doute davantage qu’un ou deux allers-retours présidentiels en TGV pour convaincre les Français qu’à défaut d’embellie économique ils peuvent compter sur l’exemplarité de leurs dirigeants. De droite comme de gauche, les électeurs ont en effet découvert, au fil des semaines, que l’autorité du chef de l’État était à la merci d’un tweet de sa compagne et celle du premier ministre de la dialectique boiteuse des Verts… Comme ils découvrent aujourd’hui que le président socialiste du conseil général des Bouches-du- Rhône, Jean-Noël Guérini, mis en examen, entre autres, pour “association de malfaiteurs” et présenté voici encore quelques mois comme une antithèse vivante de la morale publique, n’a jamais été aussi confiant dans sa bonne étoile, tandis que Dominique Strauss-Kahn voit son avenir judiciaire s’éclaircir avec l’abandon des poursuites engagées contre lui pour “viol en réunion” dans l’affaire dite du Carlton de Lille…

Coïncidences ? Peut-être. Mais comment empêcher l’opinion, et pas seulement celle des électeurs de droite, de trouver décidément bien mauvaise la farce de la « République exemplaire » servie par François Hollande tout au long de la campagne présidentielle ?

Pour avoir, ici même, jugé sévèrement la “pipolisation” de la politique qui avait marqué le précédent quinquennat (voir notamment notre couverture du 15 janvier 2009 regrettant l’importance démesurée consacrée par les médias à la naissance du bébé Dati, dont on reparle ces jours-ci en raison des polémiques sur sa paternité), il serait bien injuste de ne pas constater que, depuis l’élection de François Hollande, le phénomène a empiré. On pouvait sourire de Nicolas Sarkozy quand il annonçait à l’occasion de sa première conférence de presse à l’Élysée : « Carla et moi, c’est du sérieux » ; on ne peut qu’être saisi des “progrès” réalisés en quatre ans par cette « privatisation de la République », comme le dit joliment Valérie Pécresse.

Non contente de s’imposer à la cérémonie d’investiture de son compagnon et d’aller serrer la main des corps constitués (ce qu’aucune de ses devancières n’avait eu l’idée de faire, et c’était bien normal puisque celle qui partage la vie du président de la République, épouse ou compagne, n’occupe pas de fonction officielle), Valérie Trierweiler n’a pas craint d’entrer de plain-pied dans la chronique en provoquant, à La Rochelle, la défaite de Ségolène Royal.

Source : Valeurs Actuelles

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