Mirabel-NDDL même punition ?

Aéroport Nantes AtlantiqueC’était le plus grand aéroport du monde. On expropria 93000 arpents de bonne terre et qui furent reliés (sur plans) à la grande ville proche : train rapide, autoroute dédiée. Quatorze ans après son triomphe, l’Etat du Québec rétrocéda 81000 arpents à qui les voulait, la merveille technocratique était un échec sur toute la ligne. L’aéroport de Montréal est toujours Dorval, commissionné en 1941, amélioré et renommé Montréal-Pierre-Elliott-Trudeau en 2004. Il passe douze millions de passagers et accueille l’Airbus géant A380. Sa capacité sera portée à vingt millions. L’aéroport du futur qui devait le remplacer s’appelle Mirabel ; on l’a gardé pour le fret, l’aviation générale, et Bombardier y monte ses avions CSeries. L’échec du projet est dû à la distance accrue depuis le centre-ville et aux liaisons inachevées faute de crédits, ainsi qu’au maintien de Dorval. La concurrence d’aéroports internationaux à grand débit comme Toronto et Ottawa n’est pas non plus étrangère au ratage.

L’Aéroport du Grand Ouest s’inscrit sur la même épure, à la réserve près que les autorités politiques forceront les compagnies à y venir, ce que n’a pas fait le Québec libéral. Il n’empêche que les liaisons posent les mêmes problèmes financiers entre Nantes et Rennes et la concurrence du hub intercontinental « Aéroports de Paris » à seulement deux heures de Nantes par TGV ressemble à celle qu’affronta Mirabel. L’aéroport actuel de Nantes-Atlantique à urbaniser ne sera pas décommissionné parce qu’une usine Airbus y travaille et emprunte sa piste de 2900m pour enlever sa production vers Toulouse. Personne ne poussera dehors Airbus Industrie avec deux mille emplois à la clef, à moins qu’ils ne partent chez Airbus-Saint-Nazaire.
Reste le bocage. Les terres arables ne sont pas vues aujourd’hui comme à l’époque « tout-béton » du Commissariat au Plan. On leur donne une valeur intrinsèque qu’elles n’avaient plus aux yeux des aménageurs. Ne devrait-on pas interdire la viabilisation des terres arables et laisser se développer l’habitat sur les terres stériles ? Vaste débat qui froisse la frénésie urbanistique d’élus pressés d’accroître leurs taxes locales et leur modeste gloire. Les écologistes, les chrétiens, des anarchistes ou altermondialistes sont venus protéger une agriculture de bocage traditionnelle. C’est une coalition hétéroclite certes, mais indispensable. S’il n’y avait eu au Larzac que les bergers de brebis pour s’opposer aux chenilles des chars, ce beau plateau calcaire serait aujourd’hui décapé jusqu’au roc.

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