Le Contrat de Génération, la fausse bonne idée

Le Contrat de génération, la fausse bonne idéeCet article est paru sur le site de Prospectives Royalistes de l’Ouest :

Le Contrat de Génération, fer de lance du programme du candidat Hollande, vient donc d’être mis sur les rails législatifs, passant avec succès l’étape préliminaire du Conseil des Ministres ce Mercredi 12 Décembre. Si cette étape gouvernementale semblait acquise d’avance, son vote par le Parlement l’est beaucoup moins : très onéreux (920 millions d’euros par an en 2016), pas réellement fiable sur le long terme, le Ministre du Travail Michel Sapin aura assurément du mal à défendre le projet-pivot de la politique socialiste.

Son fonctionnement reste assez simple : les entreprises de moins de 300 employés recevront une prime de 4 000 euros par an (3 ans maximum) par embauche d’un jeune salarié et maintien d’un salarié « senior ». Incitatif et facultatif pour les PME, le contrat de génération deviendra obligatoire et coercitif pour les plus grandes entreprises, celles-ci ayant l’obligation de négocier des accords avant le 30 Septembre 2013, sous peine de subir des pénalités.

Sur bien des points, le Contrat de génération fait parti de ces « fausses bonnes idées gouvernementales », ces réformes bancales et impertinentes faites pour pallier de véritables lacunes socio-économiques. Ainsi, à l’actuel problème du chômage des jeunes (24.2%), la réponse fournie par le gouvernement démontre une certaine superficialité, une prise de conscience partielle de la réalité économique des industries françaises. D’ailleurs, le fait que seulement 21 % des entrepreneurs envisagent d’embaucher selon ce procédé corrobore cette hypothèse…

Et les raisons sont évidentes ! Aujourd’hui littéralement surtaxées, les entreprises n’ont plus de marges de manœuvres, et les 4 000 euros annuels promis par le gouvernement semblent insignifiants par rapport aux nouvelles charges fiscales qui pèseraient sur l’entreprise.

Mais c’est principalement par l’absence de prise en compte de l’actuel contexte économique, particulièrement en berne, qui montre la superficialité de cette mesure. John Maynard Keynes écrivait « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif » : en ces temps de disette économique et de dégradations de notes en série, les entreprises françaises ne peuvent embaucher sur demande, tant les conséquences économiques (solvabilité par exemple) peuvent s’avérer à terme dramatiques.

En clair, le contrat de génération reste assez représentatif de la mentalité courtermiste et superficielle de l’actuel gouvernement socialiste : au lieu de prendre le problème de la compétitivité à la base (coût du travail, fiscalité des entreprises, qualité de formation des jeunes générations par exemple), le gouvernement verse son milliard règlementaire dans un véritable tonneau des danaïdes qui, assurément, ne résoudra guère le problème.

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