Quand Marianne fait du négationnisme républicain à l’encontre des Bretons

Coup de gueule. Sous la plume d’Eric Conan, actuel directeur de la rédaction du magazine du centre-gauche, Marianne prend la défense la plus obtuse possible de la République. Au risque de ne plus « combattre la pensée unique » et de faillir à ce qui est à la fois sa vocation et son leitmotiv. Car sous la plume de M. Conan c’est bien la pensée unique républicaine et jacobine que l’on trouve exprimée et soutenue, avec une véhémence d’expression qui tend à prendre les lecteurs de Marianne pour des abrutis.

no-parler-bzhgVous en doutez ? Nous prenons à l’instant connaissance d’un entrefilet du triste sire paru dans une Marianne de mi-novembre 2012. Un grand moment de journalisme, là encore. Sous couvert de combattre les « discours les plus dominants » et l’emprise de TF1 – enfin de son très Breton ex-patron Patrick le Lay – Eric Conan minimise l’oppression dont s’est rendue coupable la République envers la diversité intérieure française, celle des minorités ethniques et linguistiques internes dont nombre d’entre elles étaient plus anciennes que la France elle-même. Ainsi, pour M. Conan, « les Bretons sont passés au Français parce qu’il constituait pour eux une langue universelle permettant de les sortir de leur isolement. L’adoption du français a souvent été volontaire et vécue (…) comme une émancipation de l’église ».

Adoption « volontaire » qui cache admirablement les panneaux « interdit de cracher par terre et de parler Breton » dans les écoles, l’interdiction – maintenue à ce jour – pour les Bretons, les Basques, les Corses et ainsi de suite d’enseigner leur histoire dans les écoles de leurs pays, les multiples difficultés qui leur sont faites pour entraver le développement de l’enseignement dans leurs langues. Celles notamment qui sont causées par une Constitution sclérosée (« la langue de la République est le français ») et l’attachement rétrograde au dogme de l’une et de l’indivisible, qui interdisent aux Bretons de pouvoir faire leurs démarches administratives dans leur langue et qui peuvent les conduire en prison pour des documents civils en partie rédigés dans leur langue. Et qui maintient la Bretagne artificiellement séparée de la Loire-Atlantique qui constitue environ 1/5e de son territoire, mais 1/3 de sa population, 1/2 de l’industrie, 2/3 de la recherche et 80% de la production électrique. On a compris, M. Conan fait preuve d’un négationnisme républicain qui a pour but de cacher, notamment aux Bretons, que les minorités nationales internes disposent de moins de droits en France – pays des « droits de l’Homme » – qu’en Russie ou en Hongrie. Pays régulièrement épinglés par la presse française pour leur manque de démocratie, soit dit en passant.

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