Quand l’impôt scie sa branche… et la France

Faillite de la FranceIl est un travers contemporain de croire que l’accumulation d’impôt reste un phénomène relativement récent, réservé aux seules Nations de la vieille Europe depuis quelques siècles. Déjà, l’Empereur Vespasien (-9 av JC – 79 ap JC), face à l’inexorable multiplication des impôts, apportait cette recommandation pleine de bon sens à ses préfets : Boni pastoris est tondere pecus, non deglubere, (Le bon pasteur tond ses brebis, il ne les écorche pas).

Appliquée à notre époque contemporaine, cette recommandation prend immédiatement un sens  moderne. A l’heure où la fiscalité sur les entreprises atteint des sommets, les sonnettes d’alarme ne cessent de retentir de toutes parts afin d’endiguer l’inexorable décrépitude industrielle française. La dernière en date, et non la moindre, vient directement du Directeur Général de Dassault Systèmes, numéro deux européen du logiciel, Bernard Charlès.

« Si cet alourdissement de la fiscalité se confirme, une société comme Dassault Systèmes ne pourra plus se créer en France, créer des emplois, j’en ai bien peur. C’est toute la filière numérique qui est en danger. »

Dite par le dirigeant d’un groupe de 2 milliards d’euros de chiffres d’affaires, qui compte 10 000 salariés et qui pèse plus de 11 milliards en bourse, cette phrase souligne à elle seule tous les véritables enjeux de la question fiscale française : le devenir de notre industrie, la compétitivité de nos filières, mais également le phénomène de délocalisation et d’exil fiscal. 

Si la gauche gouvernante parle d’épiphénomène, invectivant avec force les cadres et dirigeants qui optent pour des pays économiquement plus accueillants, le phénomène de surcharge fiscale des entreprises ne peut, à l’évidence, être nié.Dans une étude datée de Novembre 2012, l’institut PriceWaterhouseCoopers (PwC) estimait à 65.7 % le taux d’imposition global français, et à près de 44.7% la charge fiscale pour les entreprises de taille moyenne (42.7 % pour l’Europe en moyenne).

Comme le confirme également Bernard Charlès: « [Le problème] est spécifique à la France et à sa fiscalité. Pour obtenir un lopin de terre – c’est-à-dire une part de capital -, l’entreprise et son salarié vont devoir payer en taxes et en impôts jusqu’à 80 % de sa valeur, ce n’est pas tenable. Il est normal que les cessions de capital soient taxées, mais au-delà de 60 %, vous êtes hors course au niveau mondial

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