« La France a perdu de son attractivité »

Drapeau françaisElle a vu ses implantations étrangères reculer. Elle n’arrive pas à attirer les projets qui émanent des pays émergents. L’heure est grave.

Trois questions à Marc Lhermitte, associé Ernst & Young, en charge de ce baromètre de l’attractivité de la France (1)

Les implantations étrangères en France diminuent d’année en année, c’est grave ?

Oui. La Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France se livrent un match pour accueillir les sièges sociaux étrangers ou les fonctions industrielles stratégiques à venir. Or la France recule chaque année dans ce match. 471 projets d’implantation internationale en 2012 contre 540 l’année d’avant. 10 450 emplois associés, en diminution de 20 %. Là où l’Allemagne a vu une hausse de 4,5 % de ses implantations (624) et où la Grande-Bretagne caracole en tête avec 697 projets. Si la France arrive encore à rester à la troisième place, elle n’arrive que cinquième dans cette course en terme d’emplois créés. Elle n’a notamment pas réussi à capter les projets des BRICS (2). Seulement 14 implantations de ces pays contre 23 en 2011. Alors que la Royaume-Uni en attirait 70.

Pourquoi la France devient moins attractive ?

Deux constats. La France n’évolue plus dans un univers de compétition mondiale. L’Allemagne se projette mieux sur l’Europe de l’Est ou la Russie par exemple. La place de Londres reste en tête pour les services et technologies. Le coût du travail et les prix élevés en France reviennent sans cesse. Comme la fiscalité. 32 % des investisseurs étrangers pensent que la France propose une politique d’attractivité « business friendly » (propice aux affaires). Mais ils sont 64 % à l’accorder à l’Allemagne.

Des rebonds sont-ils possibles ?

Oui. Ce constat de recul n’est pas vrai partout sur le territoire. Lyon a enregistré ses meilleurs chiffres d’implantations depuis 25 ans. Les grandes métropoles s’en sortent comme Nantes dans l’Ouest. Les dirigeants étrangers continuent de voir ici de vraies croissances autour de l’énergie, des services et des transports. Pour que la destination France reprenne du sens à l’étranger, il faut qu’elle se sorte du « buzz » ambiant pessimiste et mette plus en avant ses atouts. Sans peur. La marque Française veut encore dire quelque chose. Je pense à Seb ou Eurofins. C’est le dernier appel pour rester dans le train de l’attractivité. Un ultimatum.

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