Monseigneur Marc Aillet : « un printemps des consciences »

Mgr Marc AilletEvêque de Bayonne, Lescar et Oloron, monseigneur Aillet porte haut la voix de l’église de France dans les débats en cours sur la famille. Pour lui, rien ne justifie de se rallier aux lois de la République quand elles s’opposent à la conscience.

Comment définiriez-vous la philosophie sous-tendant les attaques qui semblent programmées contre l’institution familiale ?

En se fermant à toute transcendance, le rationalisme a exalté la liberté individuelle conçue désormais comme une liberté d’indifférence qu’aucune limite, imposée par une prétendue nature humaine, ne saurait entraver dans sa volonté de puissance. Cet individualisme forcené a beaucoup fragilisé les relations au sein de la famille et de la société, comme nous en avons la démonstration sous nos yeux. L’idéalisme moderne, qui trouve son origine dans le nominalisme de Guillaume d’Ockham et sa première grande formulation dans la philosophie de Descartes, en donnant à l’idée la priorité sur la réalité, conduit à séparer l’esprit et le corps et finalement à rejeter le corps lui-même en-dehors de la personne. Alors tout est permis ! Autant il est facile pour le sujet, réduit à l’esprit et à la liberté, de s’autoconstruire à la mesure de ses idées et de prétendre ainsi se recevoir tout entier de lui-même, autant il lui est difficile de nier la réalité de ce « damné corps » que l’homme ne s’est pas donné à lui-même et qui devient un obstacle majeur à son autoréalisation.

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