Une jeunesse sacrifiée à l’idéologie
Il peut sembler loin le temps où la jeunesse représentait cet îlot d’innocence qui la rendait si belle. Aujourd’hui, tout est fait pour bâtir, dès les premières heures du nouveau-né, le futur citoyen modèle pour notre système : consumérisme et hédonisme exaltés, morale et intelligence bafouées en forment les maîtres mots. Pauvres hères qu’une idéologie a prématurément flétris, les jeunes français ne forment aujourd’hui qu’une future manne électorale qu’une poignée d’arrivistes n’hésitent pas à détruire.
Car l’une des premières beautés de la Jeunesse d’antan résidait dans cette « victoire du goût de l’aventure sur l’amour du confort »[1], dans cet idéalisme quasi-romantique qui savait embraser en un instant les jeunes cœurs français. Rongée par un relativisme ambiant, nourrie quotidiennement par les âneries télévisuelles et médiatiques, cette jeunesse française en a oublié toute « folie », pour citer Oscar Wilde, pour s’adonner à un conformisme bien confortable. Antiracisme, homofolie, diabolisation de tout patriotisme, exécration de toute loi naturelle : tous les enjeux de demain se retrouvent donc aux portes de l’enfance, sans échappatoire possible.