Finkielkraut : l’immortel antimoderne

Alain FinkielkrautLe 10 Avril, Alain Finkielkraut a été élu à la prestigieuse Académie Française, au siège 21, succédant ainsi à d’illustres prédécesseurs comme Félicien Marceau, Etienne Lamy ou encore Henri d’Orléans, Duc d’Aumale. Ecrivain atypique, philosophe et essayiste controversé, l’élection d’Alain Finkielkraut au Quai Conti aura suscité de nombreux débats et polémiques ces dernières semaines, notamment pour son dernier ouvrage, l’Identité Malheureuse(2013).

« Réactionnaire » pour les uns, « lepéniste » pour les autres, le nouvel Académicien balaye facilement ces fallacieuses accusations : « Je ne vois pas au nom de quel progressisme je pourrais être classé au nom de la réaction. Il y a cinquante ans, soixante ans peut-être, on se serait offusqué dans certains cercles de l’Académie contre un enfant de juif polonais avec un nom à coucher dehors. Aujourd’hui, on me reproche mon identité nationale. »[1]. De fait, la polémique ne vient pas de ses travaux philosophiques, dont nul opposant ne conteste le bien-fondé, mais bien des quelques essais controversés dans lesquels l’écrivain développe une pensée antimoderne, c’est-à-dire une critique du progressisme et de « la religion de l’humanité » (Durckheim).

Chantre de la « Patrie charnelle » dans Qu’est ce que la France ? (2007, Gallimard), admirateur de Charles Péguy dans Le Mécontemporain, Charles Péguy, lecteur du monde moderne (1992), pourfendeur de la pensée de « Mai 68 », Alain Finkielkraut a rendu à l’indépendance intellectuelle son plus bel hommage en résistant au conformisme philosophique et politique, si commun aujourd’hui. Et c’est bien cette indépendance d’esprit qui dérange : n’est elle pas honnie dans notre société moderne ? La liberté d’expression n’est elle pas muselée – par la rhétorique notamment – autour d’importants sujets comme l’immigration, l’identité nationale ou encore la langue française elle-même ?

Sur ce point, Alain Finkielkraut n’hésitait pas à tancer les nombreuses réformes de l’Education Nationale : «  Lorsque vous vous inquiétez de problèmes d’orthographe dans une classe primaire, l’institutrice vous répond : « Je sais, mais je ne suis pas sûre de terminer le programme à cause des activités d’éveil » ! Le prix à payer pour ces activités nouvelles, introduites par la réforme, alors que personne ne les a demandées, est un retard généralisé des apprentissages fondamentaux, tels que la maîtrise de la langue. »[2]. L’anticonformiste part donc à l’assaut des tabous et de l’idéologie, la liberté d’expression reprend ses droits face à la calomnie de ses opposants… Charles Péguy n’écrivait il pas, dans ses Cahiers de la Quinzaine que « la calomnie est en politique moins gênante que la manifestation de la vérité » ?

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