Anniversaire de la bataille de Nantes, le 29 juin 1793

Aujourd’hui, c’est le triste anniversaire de la bataille de Nantes, le 29 juin 1793, qui voit la défaite de l’Armée catholique et royale, et où le généralissime Jacques Cathelineau est grièvement blessé, ce qui amènera à sa mort le 14 juillet 1793.
Pendant la Révolution française, Nantes est une ville prospère, enrichie par le commerce maritime. La bourgeoisie qui y domine et même les citadins plus pauvres adoptent les idées révolutionnaires. La richesse de la cité tranche avec la pauvreté de la campagne alentour.
La ville représente un enjeu stratégique car c’est un carrefour routier, dernier point de passage pour traverser la Loire avant son estuaire, et un port fluvial et maritime important.
Pour les insurgés vendéens, contrôler la ville en ferait la capitale de la Vendée militaire et ouvrirait un accès possible des forces coalisées par la côte.
Le 20 juin 1793, les chefs vendéens se réunissent à Angers pour établir un plan d’action.
François Athanase de Charette de La Contrie et François Jean Hervé de Lyrot, seigneur de La Patouillère et de La Gibraye, chevalier de Saint-Louis, absents, font savoir par l’intermédiaire de Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure qu’ils acceptent de participer à une attaque sur Nantes.
Le 24 juin, Ancenis est prise par les Vendéens, et un nouveau conseil est réuni, au cours duquel Jacques Cathelineau est confirmé comme généralissime. La date de l’assaut sur Nantes y est fixée au 29 juin à deux heures du matin.
Les fortifications de la ville ayant été démantelées entre 1760 et 1780, le choix est fait d’attaquer par plusieurs endroits à la fois.
Au sud, François Athanase de Charette de La Contrie et François Jean Hervé de Lyrot, seigneur de La Patouillère et de La Gibraye, chevalier de Saint-Louis et leurs 20 000 hommes doivent attaquer la tête de pont sur la Loire, chacun sur une rive de la Sèvre.
Au nord, l’armée vendéenne est divisée en deux. Le long de la Loire, un contingent doit attaquer le camp de Saint-Georges où sont basées des troupes républicaines, tandis que, plus au nord, Jacques Cathelineau doit franchir l’Erdre à Nort-sur-Erdre, pour venir attaquer la ville par les routes de Vannes et de Rennes. L’ensemble des troupes du nord se met en marche à partir d’Oudon le 27 juin.
Le jour même, les 4 000 Vendéens de l’armée de Jacques Cathelineau et Maurice Joseph Louis Gigost d’Elbée atteignent le pont de Nort-sur-Erdre. La position est tenue par 600 républicains conduits par Aimable Joseph Meuris, commandant d’un bataillon de volontaires sans-culottes. Les troupes vendéennes et républicaines sont chacune d’un coté différent de l’Erdre. Durant la nuit, la découverte d’un gué à 3 km en amont du pont permet à un groupe d’hommes de Jacques Cathelineau d’attaquer les républicains à revers. Les républicains sont mis en fuite, se repliant vers Nantes.
Jacques Cathelineau a été retardé par ce combat à trente kilomètres de Nantes, et lorsque, comme prévu, le 29 juin à deux heures du matin, François Athanase de Charette de La Contrie attaque le dispositif défensif républicain au sud de la ville, l’assaut n’est pas lancé simultanément au nord. Ce n’est que vers six heures du matin que les Vendéens arrivent à Nantes par le nord et l’est.
Au sud, la position républicaine est imprenable. C’est donc au nord que se décide l’issue de la bataille. Alors que le détachement conduit par Charles Melchior Artus, marquis de Bonchamps combat route de Paris, l’essentiel de l’Armée catholique et royale est concentré sur les accès route de Rennes et route de Vannes.
L’artillerie vendéenne est installée le long de la route de Rennes. Les postes fortifiés républicains résistent à l’assaut conduit par Jacques Cathelineau.
À l’est, une partie des troupes de Charles Melchior Artus, marquis de Bonchamps se heurte à une forte résistance républicaine. Les deux chefs vendéens, Nicolas-Jacques Fleuriot de la Freulière et Louis Charles Bonaventure Pierre, comte de Mesnard, sont mis hors de combat, et sont remplacés par Charles Marie de Beaumont d’Autichamp.
À la mi-journée, l’assaut est stoppé. L’assaut route de Rennes n’étant pas décisif, Jacques Cathelineau décide de tenter de forcer la défense républicaine au niveau de la route de Vannes.
Le généralissime vendéen conduit lui-même l’assaut, à pied. Les troupes royalistes parviennent sur la place Viarme au prix de nombreux morts. Mais sur la place, Jacques Cathelineau est grièvement blessé. C’est un choc pour les combattants vendéens qui refluent. Et c’est finalement la défaite de l’Armée catholique et royale.
Honneur à Jacques Cathelineau et aux valeureux combattants vendéens pour Dieu et le Roi ! 

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