Des granits chinois et des tramways bretons

 Cet article est tiré du denier numéro de Prospectives Royalistes de l’Ouest, consultable ici : PRO Janvier 2012.

A croire que les scandales ont une fâcheuse tendance à la répétition. L’année dernière, les granitiers bretons s’étaient insurgés lors de la construction du Tramway brestois, lorsque leur produit avait été délaissé pour le granit chinois. Fâcheux pour un projet « écoresponsable » : 9000 km de transport au lieu de 250 km, soit une dépense énergétique multipliée par 4 et trois fois plus de gaz à effet de serre. Si l’affaire avait fait grand bruit l’année dernière, voilà qu’une autre ville semble aujourd’hui suivre le même chemin : Tours. 

                Au sein d’une filière qui souffre durement de la crise économique, les principaux travaux communaux et nationaux étant reportés aux calendes grecques, ce choix risque d’être lourd de conséquences. En 10 ans, la filière du granit breton a perdu plus de 1 500 emplois selon le Syndicat des granitiers bretons, soit plus de 30 entreprises. Aujourd’hui, se faire rafler un contrat de 6 millions d’euros par les chinois passe mal pour les 1200 employés restants : même la ville de Brest avait légèrement reculé l’année dernière, laissant aux granitiers chinois s’occuper de la Place de Strasbourg et une partie des dallages prévus pour le Tramway.

                A l’heure où les présidentielles s’axent sur le thème du patriotisme économique, cette affaire fait tâche. Peu d’élus en parlent, encore moins les présidentiables. Surtout pas Frédéric Lefebvre, l’actuel secrétaire d’Etat au Commerce et à l’artisanat, qui s’est littéralement fourvoyé dans l’annonce il y a un mois de la création d’un inutile label « Granitier Breton ». Logique : à vouloir faire de l’annonce et de l’esbrouffe inutiles, on en oublie l’essentiel.

                Balancer quelques labels nationaux n’apporte qu’un coup de pouce médiatique à des filières déjà existantes en voilant les vrais problèmes : les produits français croulent toujours sous les taxes et les ponctions gouvernementales, et leur prix stagne toujours largement au-dessus de celui des concurrents (30 à 40 % de plus que le granit chinois). Miser toute la communication « Made in France » sur l’aspect qualitatif ne suffit évidemment pas : à l’heure du libre-échange et de l’ardente concurrence internationale, à l’heure où les budgets des collectivités sont restreints et où la crise économique inhibe complètement tout « protectionnisme économique », il faut travailler sur les coûts que l’Etat républicain fait porter aux entreprises françaises.

                Evidemment, la raison et le bon sens appellent à un sursaut corporatif, à un réveil des travailleurs pour qu’ils puissent réellement s’organiser et se développer en conservant qualité mais en améliorant leur compétitivité via un abaissement des taxes gouvernementales. Mais ce sursaut, bloqué par le couvercle de plomb de la république jacobine, ne se trouvera qu’au sein d’un régime décentralisé, axant sa politique au service du peuple et pour le Bien Commun : la Monarchie.

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