Patrimoine breton en péril : manoirs et immeubles remarquables

A la suite des précédents articles traitant du patrimoine breton en péril, cet article traite plus précisément des manoirs et immeubles remarquables, dont vous pouvez lire l’intégralité ici.

La littérature bretonne et étrangère du XIXe et du XXe siècle a suffisamment encensé le manoir breton pour qu’il soit aujourd’hui apprécié des acheteurs et des amoureux du patrimoine. Le meilleur allié du château ou du manoir en Bretagne est, comme ailleurs et peut-être plus qu’ailleurs, l’immobilier et l’image du manoir breton en granit avec des hortensias bleus abrités contre ses murs. C’est pourquoi l’essentiel de ce patrimoine est plutôt en bon état. Des châteaux sont construits au XVIIIe et sont les résidences de campagne des marchands enrichis des villes portuaires. Ce sont notamment les « folies » nantaises sur les bords de Loire et de l’Erdre et les malouinières dans le pays de Saint-Malo. Certaines de ces constructions sont classées et ce sont leurs abords qui doivent être protégés contre l’expansion des villes et des projets industriels. Les châteaux reconstruits au XIXe siècle sont un autre pan de ce patrimoine : assez nombreux, surtout en Loire-Atlantique, dans le Morbihan et près des côtes, ils sont parfois construits sur le site de châteaux qu’ils remplacent, notamment suite aux destructions révolutionnaires. Ainsi, le logis de la Violaye en FAY dont la chapelle est en mauvais état [Voir ABP 24638] est du XIXe. A CESSON-SEVIGNÉ, le château de la Vallée est reconstruit au XIXe, de même que plusieurs autres dans la commune. Souvent même, sur le site d’anciens châteaux, seule la chapelle, parfois les communs, sont antérieurs au XIXe et permettent de se faire une idée de l’ancien château. C’est le cas par exemple à Casso (commune de PONTCHATEAU) ou encore à Coislin (CAMPBON) dont le logis actuel, construit en 1892, remplace un précédent construit vers 1820 [ Voir le site ] sur le site de l’ancien château. Seuls restent de cette époque quelques parties des murs médiévaux de la motte et des communs du XVIIe siècle, datés 1633. Enfin, il y a des créations nouvelles au XIXe, petits châteaux ou maisons de plaisances, villas d’industriels enrichis, de bourgeois des villes, ces constructions du XIXe s’implantent parfois auprès de châteaux anciens ou dans des sites paysagers intéressants. Ainsi, les beaux châteaux de Carheil en PLESSÉ ou de Pont-Piétin en BLAIN qui ont disparu mais ont laissé tous deux leurs chapelles [ Voir le site ] Ces châteaux du XIXe construits assez rapidement connaissent l’évolution technique de l’époque : ils peuvent parfois bien résister aux outrages du temps, mais sont souvent, comme l’ensemble de la construction au XIXe, fragiles. En Haute-Bretagne, nombreux sont les manoirs à avoir été construits avec des matériaux étrangers à la Bretagne et à la rudesse de son climat, comme le tuffeau d’Anjou, gélif et peu résistant à l’humidité.

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