20 février 1888 : Naissance de Georges Bernanos

Sur la façade de la rue Joubert, une plaque rappelle que dans la maison est né Georges Bernanos, le 20 février 1888. Un millésime n’a en lui-même aucune signification particulière et la célébration des centenaires a quelque chose de dérisoire : imagine t-on Bernanos, décrépit, devant les cent bougies d’un gâteau ? Lui-même envisageait un jour de « demander à Rome l’annulation de l’union ridicule contractée à Paris le 20 février 1888 par Georges Bernanos avec Bernanos Georges ».

L’enfance et l’adolescence de Bernanos sont difficiles, marquées par la santé précaire et l’anxiété devant la mort. Dès ses premières semaines, une maladie infectieuse le fait croire perdu. Un ex-voto sur un mur de l’église Saint Louis D’Antin, la paroisse de la rue Joubert, rappelle que l’on a attribué sa guérison à l’eau de Lourdes. Car la mère de l’enfant, elle aussi de santé délicate, est très pieuse.

Georges « en casquette et boutons dorés » entre en sixième, en 1897, au collège des jésuites de la rue Vaugirard (Charles de Gaulle y est élève en cinquième). Pour peu de temps. Il lui faut le grand air. Et de toutes façons, la loi de 1901 condiut les jésuites à fermer leurs institutions. De collège en petit séminaire, la longue errance commence, qui sera caractéristique de la vie de Bernanos. La maison de Fressin est son port d’attache, où il vient se retaper toutes les vacances. Son père est passionné de photo et de politique ; il est abonné à la Libre Parole et communique à son fils son admiration pour Edouard Drumont. Mais de l’Artois et de la chère maison familiale, Bernanos retient surtout ses lectures (tout Balzac à dix ans !) et la liberté, les ciels tourmentés, les herbages et les étables fumantes, les bois où il braconne et il gueule des sermons, des haranges et des dialogues, les promenades à pied ou à bicyclette sur des routes qu’il avalera plus tard à moto. Il fait la connaissance des fermiers et des paysannes, des prêtres et des hobereaux qui peupleront les paysages ruisselants et les matins glauques de son futur univers romanesque.

Il veut être avocat. Quand il quitte le collège pour la faculté de droit, avec le sentiment et le plaisir d’être enfin actif, il adhère à l’Union nationale des Etudiants, groupe réactionnaire issu de la ligue des étudiants patriotes. En 1907, il donne ses premières nouvelles au Panache, journal royaliste. L’année suivante, quand se forment des groupes de jeunes militants pour vendre l’Action Française dans la rue (on les appelera camelots du Roi), Georges Bernanos en est immédiatement. Ils prennent la parole dans les meetings, ou vont porter la contradiction, et il leur arrive de joindre le geste à la parole ; en décembre, il se retrouvera au poste avec Maurras, Daudet, Pujo et Vaugeois, les principaux animateurs du mouvement ; en 1909, il goûtera la prison de la Santé dans le cadre de l’Affaire Thalamas (un professeur d’histoire au lycée Condorcet qui scandalise par sa manière de parler de Jeanne d’Arc).

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