30 Mai 1431 : Sainte Jeanne d’Arc expire sur le bûcher

En mai 1430,  la nouvelle de la capture de la Pucelle provoqua la consternation dans la France de Charles VII, mais Paris, bourguignon, chanta le te Deum. Cauchon rapidement réclamer la captive, suspecte d’hérésie. Jean de Luxembourg l’avait convenablement traitée, mais, peu fortuné, il accepta de céder, moyennant finances, son droit a la rançon de la prisonnière. Jeanne fut livrée aux Anglais pour 10 000 livres, et transférée du château de Beaurevoir (prés de Cambrai) à Rouen. On l’emprisonna dans la tour de Bouvreuil, prison laïque, bien qu’elle fût l’objet d’une inculpation ecclésiastique (25 décembre 1430).

Elle fut littéralement abandonnée. Personne, à la Cour, ne songea à proposer une rançon; l’archevêque de Reims, Regnault de Chartres, eût pu évoquer le procès, car l’évêché de Beauvais relevait de sa province; conseillée, Jeanne eût pu en appeler au pape. L’instruction dura quatre semaines (21 février-27 mars); le procès, deux mois. Le bon sens, l’ironie et la grandeur d’âme d’une illettrée de dix-neuf ans laissèrent cois ses doctes accusateurs. Le dicton des petits enfants, répliqua-t-elle un jour, est : « On pend quelquefois des gens pour avoir dit la vérité ».   

Sommée de renoncer à ses  erreurs, elle eut cette simple réponse : « Je suis bonne chrétienne, bien baptisée, et je mourrai bonne chrétienne ». Pourtant, l’Université de Paris déclara hérétiques 24 propositions extraites de ses déclarations. Finalement, on l’intimida. Le 24 mai, au cimetière Saint-Ouen, en face du bourreau et de la charrette qui l’attendaient, on fit signer à la pauvre fille affaiblie, mêlant un rire saccadé aux larmes, une formule d’abjuration alambiquée et équivoque, qui n’était pas exactement celle qu’on lui avait lue. Jeanne se rétracta; elle devenait relapse, bonne pour le bûcher. Bedford fut satisfait.

Condamnée le 28 mai et livrée au  bras séculier, en l’espèce aux Anglais, elle fut brûlée à Rouen, place du Vieux-Marché, le 30. Ses ossements furent jetés à la Seine. Le prêtre qui l’assista, Ysambart de La Pierre, a attesté la sérénité de Jeanne au bûcher et l’émotion qu’elle suscita chez ses bourreaux eux-mêmes…

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.