Le Respect à l’assaut de la Liberté

Le Respect à l'assaut de la libertéArticle paru dans le dernier numéro de Prospectives Royalistes de l’Ouest :

S’il fut donné aux français de citer une grande qualité du système républicain, d’aucun citerait en premier, avec la ferveur de la leçon bien récitée, la garantie d’une grande liberté d’expression. La république française n’est elle pas fondée sur ce principe même de liberté ? Oui, mais pas n’importe quelle liberté : une liberté négative, théorie développée par Isaiah Berlin au XX°Siècle qui pose la liberté en fonction des interdits qu’elle suppose, ceux-ci étant fixés par la Loi (Article IV de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789).

On retrouve ici la chimérique idéalisation du Législateur propre aux esprits des Lumières : Rousseau avait déjà posé les bases de cette utopique quasi-divinité du Législateur dans son Contrat Social en écrivant « Il faudrait des Dieux pour donner des lois aux hommes ». Cette législation parfaite pêche à l’évidence par de nombreux points, et particulièrement par l’absence totale de prise en compte de l’extraordinaire puissance des groupes de pression sur les institutions chargées de promulguer les lois.

Ainsi, sous l’égide du respect et couvertes de l’ombre de la justice, de nombreuses lois liberticides voient le jour quotidiennement, instaurant jusqu’au délit d’opinion pour restreindre les libertés individuelles. Homosexualité, racisme, génocides, tant de domaines où la contestation n’est plus permise, où le débat semble prohibé ou réservé aux seuls défenseurs de l’opinion bienpensante qui étayeront leur thèse d’arguments irréfutables (sous peine de sanction judicaire)…

Si certaines voix s’élèvent contre cette dictature intellectuelle, comme Robert Ménard ou Ivan Rioufol, la censure journalistique et politique semble pourtant rester inébranlable, comme les récentes mésaventures d’Eric Zemmour sur RTL ont pu le montrer. A ce propos, invectiver l’entreprise RTL n‘aura malheureusement que peu d’incidence, celle-ci ne faisant que répondre aux pressions des associations « à la victimisation systématique » en usant des moyens légaux offerts par la république. Dominique Sopo, véritable chantre de cette « indignation-à-géométrie-variable » et président de SOS Racisme, n’a donc guère hésité à tancer l’outrecuidant journaliste en arguant le fallacieux argument de la « propagation de la haine quotidienne »… sachant pertinemment que ces injonctions arriveront, à terme, à faire tomber la tête de son ennemi. En lui ôtant de ce fait sa liberté d’expression.

Or donc, la liberté républicaine est toute relative : elle reste totale dès lors que l’imprudence (ou le libre arbitre) ne nous fait franchir inconsciemment le Rubicon républicain, ces bornes intellectuelles et morales posées légalement par le système. Ces limites, profondément subjectives et soumis aux bonnes volontés des « lobbys » officiels, s’opposent clairement au développement intellectuel en formant non plus des individus libres, mais bien formatés, cloisonnés et encadrés. Le libre arbitre, cher à Saint Augustin, n’en sera réduit qu’au minimum syndical, laissant voguer l’intellect entre les seuls choix que la bienpensance aura choisi d’approuver. A quand la tonte des moutons ?

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