Castres : paras contre voyous

Un peu d’alcool, beaucoup de testostérone, un vendredi soir un peu chaud. En apparence, les graves incidents du 7 septembre à Castres, paisible sous-préfecture du Tarn, pourraient se limiter à une violente querelle de territoire entre jeunes, aggravée par l’emploi de barres de fer et de tessons de bouteille. Dans le détail, les faits sont plus inquiétants. Ces violences ont opposé une bande issue des quartiers dits “sensibles” et des militaires du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa), le régiment de Castres, ville dont les paras du “8” portent fièrement l’écusson sur leur uniforme.

D’un côté, une dizaine de paras en goguette ; de l’autre, des “jeunes” qui prennent à partie une fille. Les propos sont dégradants, témoignant d’un profond mépris à l’égard des “meufs”… La fille tient tête. Les paras volent à son secours. Action-réaction, des coups partent. Sûrs de leur impunité, les voyous se croyaient en terrain conquis dans ce centre-ville où l’on ose rarement s’insurger contre leurs injures et leurs incivilités.

“Sales Français, sales militaires !”

Les paras sont disciplinés, mais ceux du “8” n’ont jamais aimé subir. Il y a surtout les insultes : « Sales militaires ! », « Sales Français ! » Comment tolérer cela ? À Castres, ville de Jean Jaurès et du 8e RPIMa ? Les portables chauffent, les renforts arrivent, de chaque côté : au plus fort de la bagarre, une soixantaine de jeunes s’affronteront en plein centre-ville. Bilan : un oeil crevé pour un para de 21 ans, deux belligérants mis en examen et écroués pour violences en réunion ayant entraîné une infirmité permanente. Il n’est pas question d’opposer les paras à qui que ce soit, ce que cherchent à faire ceux qui exaltent en ce moment la trajectoire de Mohamed Merah, le tueur islamiste de Toulouse et de Montauban. Mais tout est question de respect.

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