Affaire Chloé : autopsie d’un fiasco

Kamel Bousselat, affaire chloéComment a-t-on pu perdre la trace d’un multirécidiviste, condamné à treize reprises ? Retour sur un dramatique enchaînement dans lequel s’entremêlent négligences humaines et imbroglio législatif.

L’enlèvement de la jeune Chloé aurait-il pu être évité si son ravisseur avait été suivi judiciairement ? Comment ce dernier a-t-il pu bénéficier de couacs incompréhensibles ? Faut-il revoir le rôle du juge d’application des peines ? À chaque fait divers, on propose des solutions. Et pourtant, des drames se renouvellent. Heureusement, dans le cas de Chloé, jeune fille de 15 ans enlevée le 9 novembre dans le village de Barjac (Gard) par un multirécidiviste de 32 ans, Kamel Bousselat, condamné à treize reprises entre 2004 et mai 2009, tout s’est bien terminé. En effet, après une semaine d’errance avec son ravisseur, Chloé a été retrouvée vivante dans le coffre de la voiture de Bousselat à Offenburg en Allemagne. Au-delà de cet enlèvement se pose la sempiternelle question du suivi judiciaire d’un condamné. Pourquoi aucune sanction n’est prise contre Kamel Bousselat lorsqu’il se soustrait le 24 septembre 2012 à une convocation du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) ? Pourquoi, encore, le fax relatant cette absence adressé par ledit service de probation au juge d’application des peines (jap) d’Avignon n’est-il jamais parvenu à son destinataire ?

À ce moment-là, Kamel Bousselat vient d’effectuer trois ans de prison, condamné à une peine de cinq ans dont deux de sursis avec mise à l’épreuve pour des motifs graves : vol aggravé, détention d’armes, menaces de mort et agressions sexuelles. Une peine qui montre que Bousselat n’a rien d’un enfant de choeur. D’autant qu’il a multiplié, depuis plusieurs années, les condamnations. Toutes exécutées.

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