Les bouffons de la gauche

Bouffons de la gaucheOn les entend partout et tout le temps. Ils commentent l’actualité, livrent leurs analyses. Ce sont les servants de la morale “bobo”. Enquête sur des comiques pas drôles.

Ils n’apparaissaient naguère que dans les émissions de variétés, entre Tatayet, le ventriloque, et Rémy Bricka, l’homme-orchestre. Les plus talentueux (Pierre Desproges, Thierry LeLuron) avaient droit à leur minute, celle de Monsieur Cyclopède, ou remplissaient les salles de spectacle. On les aimait – ou pas – mais enfin, on les choisissait, ils ne s’imposaient pas et n’avaient pas d’autre ambition que de nous amuser. Cette époque-là, celle du rire sans emphase ni prétention, mais aussi celle des mots d’esprit, cette époque est révolue. La grosse machine du rire s’est mise en marche et l’on ne peut en réchapper à moins de vivre en ermite. Les “humoristes” – car il s’agit d’eux et non des chansonniers, dont les traits nous ont toujours enchantés – sont partout, et surtout partout où ils n’étaient pas : matin, midi et soir, comme une drogue qu’il nous faudrait ingurgiter, ils s’emploient à commenter l’information. À la radio dont ils ont envahi les “matinales”, dans les journaux qui nous proposent leurs chroniques, à la télévision dont ils occupent les plateaux et les talk-shows avant 20 heures et bien après.

Non sans talent pour certains : Nicolas Canteloup et Laurent Gerra – servis par une équipe de gagmen astucieux – n’en manquent pas, même s’ils tapent souvent sous la ceinture. Mais d’autres, qui se piquent d’esprit, sont plus laborieux et beaucoup moins drôles : Sophia Aram, par exemple, ou Nicolas Bedos – le fils de Guy. Encore échappe-t-on désormais à Stéphane Guillon et Didier Porte, qui officiaient sur France Inter avant d’être remerciés en juin 2010.

« Les humoristes aujourd’hui foisonnent, leurs saillies font florès, et sont légion ceux qu’elles cueillent de bon matin, les quelques millions de Français réveillés par l’inévitable “gondolade” radiophonique », résume le philosophe François L’Yvonnet, qui leur consacre un pamphlet, Homo comicus (lire notre entretien page 18).

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