Ces retraites qu’on assassine

Ces retraites qu'on assassineConscient de la catastrophe qui s’annonce, François Hollande a annoncé une série de négociations sur les retraites au printemps.

Le Président a présenté ses vœux le 17 janvier à des patrons d’entreprise et des partenaires sociaux ; il a annoncé la tenue en juillet d’une deuxième conférence sociale qui portera notamment sur « la qualité de vie au travail, l’égalité professionnelle homme-femme, l’amélioration de notre formation professionnelle ». Pour les connaisseurs, il est certain que cette parlotte supplémentaire avec la fête qui l’accompagnera ne servira à rien. En même temps il prévoit au printemps une série de négociations sur les retraites. Il a chiffré la catastrophe prévisible. Il y a trois ans, l’équilibre des régimes était assuré jusqu’en 2020. Maintenant c’est un déficit de 20 milliards qui est calculé pour cette date. Il n’en faut pas moins pour que notre prétendu modèle social soit menacé et il faudrait le sauver.

En fait, il s’agit principalement des retraites complémentaires AGIRC pour les cadres et ARRCO pour les autres. Leurs réserves fondent rapidement et, on se contente de faire, depuis longtemps, du replâtrage en grattant ici ou là sans arriver à une solution définitive : on joue sur tous les tableaux, comme les cotisations, les âges de départ et le niveau des pensions.

La répartition

Ci-dessus il est question du prétendu modèle social et il faut analyser en profondeur le fonctionnement de la répartition pour comprendre que le système est condamné par sa nature même. L’ensemble formé par les CNAVTS et les retraites complémentaires repose sur plusieurs coups de force et pas du tout sur des contrats. Les assujettis sont invités par la force à verser des cotisations durant leur vie professionnelle dans de multiples  caisses. Le deuxième coup de force est que la gestion de ces caisses leur échappe, car sous des couleurs faussement démocratiques, leur gestion est confiée aux syndicats qui en tirent profit. In fine, ces assujettis devraient toucher des pensions représentant l’argent versé avec les intérêts et ce n’est pas le cas. Une multitude de facteurs entrent en ligne de compte, comme l’âge du départ, le manque  de cotisants à cause de la démographie. Un système compensatoire complexe a été installé pour dépouiller les caisses supposées riches au profit des caisses en perdition. Ces manipulations douteuses déresponsabilisent les gens.

Indépendamment de sa malhonnêteté intrinsèque, le défaut majeur du système est de ne pas créer de richesse. L’argent  est dépensé aussitôt que récolté sous forme des pensions à verser. Une information vient de parvenir : Bernard Madoff, du fond de sa prison a confié que l’idée de lancer une chaîne de Ponzi lui était venue du système de la répartition en France. Il y a en effet de fortes ressemblances. Le système Madoff s’était écroulé d’un seul coup. Dans les cas de la répartition l’écroulement menace mais se produit progressivement d’où les rafistolages permanents et nécessaires : c’est une chaîne de Ponzi à écroulement lent.

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