Faillite de l’Etat et déficits abyssaux : qui paie la facture, qui en profite ?

Faillite de l'EtatLe ministre du Travail a récemment parlé de la France comme d’un « Etat totalement en faillite ». Sur qui pèse aujourd’hui le financement de notre dette ?

Simone Wapler : Le financement de cette dette repose sur tout le monde : l’ensemble des contribuables et des entreprises. La charge de la dette – c’est à dire le remboursement des intérêts – est depuis septembre 2012 le premier poste du budget de l’État et représente 47 Mds€. Avant de payer nos fonctionnaires, l’éducation nationale, l’armée, la police, la justice nous payons les intérêts de cette dette.

La charge de la dette est le plus gros poste de dépense alors même que les taux d’intérêt sont au plus bas depuis 260 ans. Nul besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre qu’à la moindre remontée des taux, tout explose.

Pour échapper à la faillite, l’État incapable de réduire ses dépenses doit augmenter ses recettes, c’est à dire les impôts et taxes. C’est pourquoi nous avons atteint le statut d’enfer fiscal. L’intensité des flammes va maintenant augmenter.

Qui la finance ? A qui profite notre niveau d’endettement ?

Les souscripteurs nationaux sont nos banques et assureurs mais nos créanciers sont au deux tiers étrangers, selon l’Agence France Trésor. Il s’agit de fonds de pension qui ont besoin d’investir en euros, de pays exportateurs de pétrole, des pays émergents. En 2012, la Suisse a été un gros acheteur de dettes d’État en euro pour maintenir la parité euro franc suisse au niveau de 1,20. La Suisse a ainsi financé une bonne part des déficits des pays européens, à commencer par le nôtre.

Depuis la crise, nous vivons ce que le FMI appelle une situation de « répression financière » : les taux d’intérêt sont maintenus artificiellement bas et les dettes souveraines des pays développés rapportent moins que l’inflation. Cependant, nos créanciers souscrivent toujours car ils sont dans la très inconfortable situation du patron d’entreprise dont le gros client s’enfonce dans l’insolvabilité. Couper la ligne de crédit du gros client accélère sa faillite et note patron risque de se retrouver confronté à un gros impayé. Face à ce dilemme, que faire ? Souscrire, mais de moins en moins, pour des durées plus courtes et se chercher d’autres clients. C’est exactement ce que font nos créanciers.

Soyons sérieux. Notre niveau d’endettement ne profite plus à personne. Il fait peur.

Source et suite de l’article sur Atlantico

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