Texte de la semaine : J.Bainville, Comment finissent les régimes parlementaires….

Jacques Bainville
Jacques Bainville

Voici un magnifique texte de J.Bainville dans l’Almanach d’Action Française, à redécouvrir sans modération ! Un commentaire de texte sera produit dans le courant de la semaine.

Il faudrait que l’histoire dé nos diverses révolutions au XIX° siècle fût écrite par un homme de savoir et d’esprit. On y verrait combien il est facile de renverser un gouvernement, surtout quand ce gouvernement se considère déjà comme incapable de durer. Goethe disait qu’on ne meurt que quand on veut bien mourir, autrement dit quand nous avons perdu cette volonté de vivre qui est le ressort de l’existence. C’est encore bien plus vrai des régimes que des hommes. Le petit livre que nous souhaitions tout à l’heure montrerait qu’aucun des gouvernements qui se sont effondrés au XIXe siècle ne s’est sérieusement défendu.

 Je possède de précieux souvenirs de famille sur le Deux-Décembre. Par une heureuse fortune, j’en possède aussi sur le 18 Brumaire. Ces souvenirs ne feront pas une révolution dans la manière d’écrire l’histoire, mais ils sont bien intéressants tout de même.Une arrière-grand’mère que je n’ai jamais connue habitait Saint-Cloud au moment où les grenadiers de Bonaparte envahirent la salle où étaient assemblés les Cinq Cents. Il paraît que ce fut « une belle débandade. Qui par les couloirs, qui par les fenêtres, les parlementaires de l’an VIII s’étaient enfuis dans toutes ‘les directions en voyant apparaître les baïonnettes dans le « temple des lois ». Ils avaient même fui d’une course si éperdue que les pelouses de Saint-Cloud étaient semées d’écharpes et de chapeaux à plumes : car les Cinq Cents avaient un magnifique uniforme.

Mon arrière-grand-mère, comme tous les Français et toutes les Françaises de son temps, fût très joyeuse en apprenant que le règne des bavards était fini. Elle alla voir les fenêtres par où les législateurs avaient si bien sauté. Et elle vit que le bon peuple s’amusait à ramasser les écharpes et les somptueux bicornes que les fuyards avaient abandonnés. On les donnait aux enfants qui les attachaient à la queue des chiens.

Cependant, quinze ans plus lard, c’était l’invasion. Les cosaques entrèrent dans nôtre pays et ce furent de grandes souffrances. Quand on avait pu rompre le pain sans alarmes, on se félicitait de son bonheur et l’on disait à la fin du repas avec soulagement : « Encore un que les Prussiens n’auront pas ». L’enthousiasme de Brumaire était loin et le nom de Napoléon était maudit.

Mais les années passèrent. Et le règne des bavards revint.

L’histoire de la seconde République peut servir d’exemple — un exemple dont la troisième s’est peut-être inspirée pour reculer la fatale échéance — en ce qu’elle présente un raccourci de l’histoire de toutes les démocraties.

Les débuts sont admirables, feux de joie, hymnes d’allégresse, arbres de la liberté, réconciliation de tous les citoyens et félicité universelle, On promet tout à tout le monde, mais c’est aux plus déshérités qu’on promet le plus. On chantait en mars, avril et mai 48 :

Chapeau bas devant la casquette,

A genoux devant l’ouvrier…

Il fallut déchanter en juin. C’est à coups de fusil que la République assurait le bonheur du prolétariat. A partir de ce moment-là, personne ne s’intéressa plus au sort de la République, excepté les républicains alimentaires, ceux que le peuple appelait « les vingt-cinq francs ». D’une part, les bourgeois, les paysans, et, comme dit le rapport d’un préfet de l’époque, « quiconque avait six mois de pain devant soi », considérèrent la République comme l’ennemi. D’autre part, les pauvres, les travailleurs, ceux qui en avaient attendu non pas des faveurs, non pas même des retraites, mais simplement du travail, ceux-là, qui avaient vu leurs espérances détruites et leurs frères massacrés, avaient perdu toute confiance. Les mémoires du temps rapportent une anecdote qui se place en septembre, — après juste six mois d’expérience républicaine. Un citoyen pressé d’argent pro- posait à son créancier de lui signer un billet fin République.

— Fin République ? Me prenez-vous pour un usurier ? répondit le prêteur. Je ne veux pas vous mettre le couteau sur la gorge. Je vous donne deux mois. » Vrai ou inventé, le mot eut un succès fou, et on le mit dans un vaudeville où il était applaudi tous les soirs. Il advint pourtant qu’un sifflet se fit entendre. Alors, un monsieur se levant à l’orchestre, demanda poliment : « Est-ce que, par hasard, il se trouverait un républicain ici ? »

L’Assemblée de 1849 était l’expression de ce dégoût général. On y comptait à peu près autant de républicains qu’au théâtre de tout à l’heure. Mais l’Assemblée laissa passer. Alors, un autre Bonaparte fit un autre coup d’Etat pendant une nuit de Décembre. Seulement, il changea la manière. Il n’entra pas dans l’Assemblée. Il fit prendre les législateurs au lit et ordonna qu’ils fussent conduits au donjon de Vincennes. Ces choses sont encore proches de nous et je les ai entendues de la bouche de mon père. Le bon peuple se réjouit du coup de 1852 autant qu’il s’était réjoui du coup de l’an VIII. De Paris et de la banlieue, on se rendait en partie de plaisir au pied du donjon de Philippe-Auguste. On s’y rendait de préférence à l’heure où les prisonniers prenaient leur récréation. Et l’on se montrait avec des grands éclats de rire les célébrités mélancoliques qui prenaient l’air sur la plate-forme : « Tiens, voilà Berryer !…-.- Le petit Thiers n’a pas l’air content… » On ne s’était jamais autant amusé depuis le jour où l’on avait ramassé les écharpes des législateurs de Saint-Cloud.

Ce coup d’Etat, qui fut si peu sanglant, comparé aux massacres de juin et de la Commune, fit une victime illustre à l’endroit même où la République avait versé à flots le sang des ouvriers. Baudin mourut bravement, inutilement, au faubourg Saint-Antoine, désespéré peut-être, car c’était un sincère, de l’indifférence du peuple pour la République et la liberté. Cette indifférence était complète. Elle était farouche. A la vue des régiments occupant le faubourg, sourds à l’appel des parlementaires, les prolétaires étaient rentrés dans leurs maisons en disant : « Cela ne nous regarde pas. Que les fusilleurs républicains s’arrangent avec le fusilleur Bonaparte. » Et, c’est Proudhon qui l’a dit, on vit les combattants des journées de février et mêmes de celles de juillet, jouer paisiblement au billard pendant que Louis-Napoléon confisquait la liberté.

Il y a, sur la deuxième République, un livre qu’il faut consulter, bien que ce soit un roman : c’est L’Education sentimentale. Flaubert a choisi la période de 1848-51 pour y situer les mornes conclusions de son triste et pénible roman de la platitude, de l’ennui, du désenchantement et du dégoût de vivre succédant à tant d’illusions — illusions de Frédéric Moreau qui rêvait l’amour, de Deslauriers qui rêvait le pouvoir. Tout ce qu’il y eut alors d’espérances trompées, de rêves trahis, de générosités flétries, le  livre de Flaubert en donne le compte, La France a fait, dans ces trois années, la même « Education sentimentale » que retire de sa jeunesse le pauvre Frédéric Moreau.

Intentionnel ou non, il y a aussi dans le roman une sorte de symbole qui n’est pas à négliger : tout à ses lamentables affaires de coeur. Frédéric ne trouve jamais l’occasion de s’intéresser aux affaires publiques. Le 22 février, il attend en vain Mme Arnoux, et il écoute distraitement la fusillade ; en juin, il est à Fontainebleau avec Rosanette ; en décembre, au coup d’Etat, son principal souci c’est sa rupture avec Mme  Dambreuse. Ainsi les révolutions n’atteignent pas Frédéric. Elles n’atteignaient pas non plus Flaubert qui ne vivait que pour son art. Et n’est-elle pas immense, aujourd’hui comme autrefois, la masse des hommes qui se désintéressent du sort de la République et qui ne se soucieront même du jour où elle sera tombée que si ce jour fut marqué par quelque événement de leur vie ? J’aime, par exemple, qu’un Edmond de Goncourt n’ait jamais fait d’autre reproche au coup d’Etat que d’avoir coïncidé avec l’apparition de son premier livre et un peu nui à son succès.

Tout petit, j’ai trouvé dans les livres de mon père, qui était bon républicain, des récits du coup d’Etat. Autrefois, une maison républicaine se reconnaissait tout de suite à ce signe que l’Histoire d’un Crime, de Victor Hugo  et les ouvrages de Ténot étaient placés au premier rang de la bibliothèque. Je vous assure que rien n’a été négligé dans mon éducation pour faire de moi un parfait admirateur de la République. Sans doute n’avais-je que des dispositions médiocres, car j’ai eu beau lire, dès l’âge de raison, l’Histoire d’un Crime et les volumes de Ténot, je n’ai jamais pu m’indigner contre « l’opération de police un peu rude » de 1851. Quand mon père voulait m’inculquer sa haine de l’Empire, je dressais l’oreille à l’argument Sedan. Je restais froid à l’argument Deux-Décembre.

Je viens d’ouvrir l’exemplaire de l’Histoire d’un Crime qui est certainement, après Robinson Suisse, un des premiers livres que j’aie lus. Je retrouve toutes mes impressions d’enfance. Voici la grande image de la couverture : c’est une allégorie. Un représentant du peuple — Baudin, on le devine, — gît, le front troué, sur une dalle où est inscrit ce mot : la loi. Et puis voici un régiment qui s’élance à l’assaut d’une barricade. A l’arrière-plan se dessinent à gauche le Palais-Bourbon, à droite la prison de Mazas.

J’en concluais que les députés sont naturellement les ennemis des soldats lesquels ont pour devoir de les mettre au violon. L’homme en redingote étendu sur la table de la loi me semblait puni pour avoir désobéi à cette convenance supérieure…

Les choses ne m’apparaissent pas aujourd’hui sous une lumière très différente. Par exemple, je suis devenu plus sensible à l’élément comique qui est consubstantiel à l’emphase de Victor Hugo. Quand on parle devant lui de l’Histoire d’un Crime, Léon Daudet s’amuse toujours de ce mot énorme que l’auteur prête au général Le Flô, questeur de l’Assemblée, arrêté au Palais-Bourbon et murmurant à l’oreille de sa femme, au moment de lui dire adieu : — Il y a des pièces dans la cour : tâche de faire tirer un coup de canon !

Toute l’Histoire d’un Crime est de cette force-là. Témoin ce fragment de dialogue entre Michel de Bourges et Victor Hugo : « Michel me dit : —- Hugo, que voulez-vous faire ?   Je lui répondis : — Tout. — C’est aussi mon avis, dit-il. »

On sait que ce tout héroïque consista à passer là frontière.

Par exemple, il y a un morceau qui est très bien, dans l’Histoire d’un Crime. Le comique n’y sort pas de l’enflure, mais des choses mêmes que l’auteur raconte. Il s’agit du président de l’Assemblée nationale, Dupin, qui, en apprenant que la troupe commençait à expulser les députés de la salle des séances, se garda bien de se montrer. Enfin, quelques « représentants du peuple » s’étant mis à sa recherche, le découvrirent dans un coin du palais. Ils le sommèrent de monter à son fauteuil. Dupin, pour s’esquiver, leur tint un admirable discours, tout farci de citations latines :

— Que voulez-vous que je fasse ? disait-il. Qui suis-je ? Que puis-je ? Je ne suis rien. Personne n’est plus rien. Ubi nihil, nihil. La force est là. Où il y a la force, le peuple perd ses droits. Novus nascilur ordo. Prenez-en votre parti. Je suis bien obligé de me résigner, moi. Dura lex, sed lex.

Alors, les représentants du peuple, dégoûtés, passèrent une écharpe de député, «comme une corde», dit Hugo, autour du cou du malheureux vieillard et le traînèrent, toujours débitant des citations latines, dans la salle des séances. Enfin,- quatre hommes et un caporal, à son grand soulagement, le cueillirent. Et Dupin leur adressa ces paroles dignes de la plus haute tradition parlementaire :

-Vous êtes la force. Vous avez des baïonnettes. J’invoque le droit et je m’en vais. J’ai l’honneur de vous saluer. »

La République et le Parlement étaient à ce point discrédités qu’en 1851 ils ne trouvaient plus un défenseur. Dans son Histoire du coup d’Etat, Eugène Ténot s’est donné beaucoup de mal pour raconter les très médiocres essais de résistance qui furent tentés sur quelques points du pays. Son livre même prouve que la France accepta l’Empire avec joie, simplement parce que ce n’était pas la République.

Il est vrai que l’Empire devait tourner aussi mal et qu’il appelait dès ses origines l’invasion et. la défaite. Mais il flattait immédiatement et grossièrement l’instinct conservateur, qui a souvent courte vue. Dix-huit ans plus tard, la France était envahie de nouveau. Les Prussiens entraient encore une fois en France. C’était donc une race funeste que ces Napoléon? On avait donc tort d’applaudir à leurs coups d’Etat puisque, lorsqu’ils chassaient les Assemblées, c’était pour ouvrir la porte à l’ennemi ! Comme dit le paysan d’une caricature de Daumier, qui contemple, après Sedan, sa chaumière brûlée : « C’était pourtant pas pour ça que j’avions voté oui

Le 4 septembre, lui, ne fut pas une révolution, ce fut une promenade. Quant à ses auteurs, ce n’étaient pas des personnes bien redoutables : une foule, semblable à celle de la mi-carême, conduite par quelques vieux étudiants, quelques solides buveurs de bocks. Ces piliers de cafés devinrent les piliers de la nouvelle République. Et Gambetta ? dira-ton.

Ils lui passèrent une écharpe de député autour du cou. Je crois bien avoir eu déjà l’occasion de rappeler la conduite de Gambetta durant la journée du 4 septembre. Mais c’est une histoire si belle qu’on ne la saurait trop redire. On y voit que si la République fut fondée ce jour-là, ce ne fut pas le fait des députés républicains.

Il suffit d’ouvrir, à sa page deux cent trente et unième, l’Histoire de la Révolution de 1870 par Jules Claretie, pour s’apercevoir que Gambetta et ses amis — véritables barons Pie de la gauche — étaient tout à fait opposés à la violence, demandaient le respect de la légalité et des « formes », désiraient surtout que le prestige du Parlement demeurât intact. Comme on ne peut raisonnablement supposer que Gambetta ait pu attendre que le Corps législatif, en immense majorité impérialiste, prononçât la déchéance de l’Empire, il faut bien admettre la vérité qui a été suggérée depuis : à savoir qu’il espérait, à son tour, devenir le sauveur de la situation, reprendre le rôle d’Emile Ollivier, se faire, sous quelque Régence, ministre de transition, goûtant ainsi les douceurs du pouvoir tout en évitant les risques et les responsabilités d’un coup d’Etat.

Ecoutez plutôt Jules Claretie et vous saurez si j’exagère. Dimanche 4 septembre 1870 : beau temps, clair soleil. La foule envahit le Palais-Bourbon, à la suite d’Edmond Adam et des gardes nationaux. Mais voici Gaston Crémieux qui supplie « ses chers et bons amis » de respecter les délibérations de l’Assemblée : « Vive la République ! » répondent les envahisseurs. A ce cri, croyez-vous que les députés républicains vont faire écho ? Pas du tout, Gambetta monte à la tribune aux côtés de Crémieux et adressé aux manifestants ce petit discours (textuel dans Claretie) :

« Citoyens, vous pouvez donner un grand spectacle, celui d’un peuple unissant l’ordre à la liberté (oui, oui, applaudissements). Eh ! bien, si vous le voulez, je vous le demande, je vous en adjure : que dans chaque tribune un groupe se charge d’assurer l’ordre. Puis, attendez, en silence. La gauche s’est engagée vis-à-vis de la Chambre à faire respecter la liberté de ses délibérations. »

Le prestige de Gambetta faillit déterminer la foule à obéir. Il y eut un mouvement de recul sur lequel le président Schneider reprit son assurance, -exhorta la foule à écouter « la voix patriotique » qu’elle venait d’entendre et qui ne pouvait être « suspecte » à personne. Girault, Glais-Bizoin unirent leurs efforts à ceux du président. Glais-Bizoin prononça même ces paroles hilarantes : « Citoyens, la déchéance va être prononcée par la Chambre, veuillez attendre que la commission soit en mesure de la prononcer. » La commission ! ô Bridoison ! On avait bien besoin d’une commission pour prononcer la déchéance de l’Empire au lendemain de Sedan !

Un peu plus, le tour était joué. Je ne décide pas, notez-le bien, si c’eût été un bien ou un mal que les événements du 4 septembre eussent tourné autrement. Mais l’intéressant c’est d’observer que Gambetta et ses amis, envoyés par les électeurs à la Chambre comme républicains, n’étaient plus du tout pressés, l’occasion venue, de faire la République. Il fallut que des tribunes la foule descendît dans la salle, que le président fût chassé de son fauteuil, le bureau et le banc des ministres occupés, il fallut même que Gambetta commençât à entendre des murmures, que des voix de plus en plus impérieuses réclamassent : Et la-République ? Proclamez la République !

Mais ni Gambetta ni Jules Ferry ne purent se résoudre à proclamer la République à la Chambre : ils voulurent aller à l’Hôtel de Ville, respectant trop l’enceinte des lois pour la violer par un coup d’Etat. C’est égal, les républicains avaient passé un mauvais quart d’heure. Et si leurs représentants, au lieu d’être une poignée au Corps législatif, avaient formé une « imposante minorité », la République était bien malade. Moralité : se méfier des gens qu’on envoie dans les Parlements pour y renverser des régimes.

Ne pas oublier, à ce propos, que l’Assemblée qui avait été dissoute par Louis-Napoléon dix-huit ans auparavant était bourrée de conservateurs. Tous ces messieurs à belles redingotes se pressaient peu de proclamer la Monarchie et ils étaient trop libéraux pour songer à un coup d’Etat. Le résultat fut que le coup d’Etat se fit entre eux et que n’ayant pas fait la royauté ils nous firent l’Empire qui nous a conduits à Sedan.

Ces conservateurs ne surent même pas se conserver eux-mêmes. Le coup d’Etat leur fit une belle peur ! Hugo raconte qu’ils s’étaient réunis pour délibérer à la mairie de la rue Drouot et que l’un d’eux était tellement ému qu’à chaque instant il -devait disparaître. Et le spirituel Glatigny de lui dire :

— Ah ! ça, vicomte, vous croyez donc qu’on éteint les révolutions comme Gulliver éteignait les incendies ?

Que le bon peuple de France n’aille pas croire que le salut lui viendra de ce qu’il aura peuplé la Chambre de ces… disons de ces Gullivers.

J’ai entendu raconter dans mon enfance le Dix-Huit Brumaire et le Deux-Décembre. J’ai entendu raconter aussi les trois invasions, Waterloo, Sedan et le siège de Paris. Et nous sommes beaucoup de Français de ma génération qui pouvons condenser l’expérience historique d’une famille depuis un siècle. Alors notre raisonnement a été simple, aussi simple que fort.

Le régime des Assemblées est un régime détestable. Le bon peuple de France accueille toujours sa chute par des explosions de joie. Mais, lorsque c’est l’Empire qui s’implante à la place de la République, le résultat est aussi mauvais. L’autorité a du bon, mais l’autorité de tout le monde n’est pas bonne. Alors il ne reste plus, en fait de gouvernement autoritaire, qu’à opter pour la Monarchie…

On pourra lire d’autres textes de Jacques Bainville sur la Faute à Rousseau ou dans la bibliothèque de l’URBVM.

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