L’énigme Peillon

PeillonEn nommant Vincent Peillon à l’Éducation nationale, François Hollande avait, croyait-on, fait le bon choix. Refonder l’école ayant toujours été le dada proclamé de cet agrégé de philosophie, on le croyait prêt à gouverner.

À peine investi, il annonçait la mise en oeuvre de la semaine de quatre jours et demi pour la rentrée 2013… comme ça, sans concertation ! (D’où la grève des enseignants du primaire mardi.) Il était recadré aussitôt par Jean-Marc Ayrault. La France étant le pays où les enfants ont le moins de jours de classe par an par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE mais le plus d’heures de cours par semaine, l’opinion n’a pas compris qu’il annonce une rallonge des vacances de la Toussaint. Illogique. Ni qu’il supprime les deux heures d’aide personnalisée aux enfants — legs de Xavier Darcos —, réduisant ainsi à 24 heures hebdomadaires le temps de travail des professeurs du primaire. Ni, sur un autre registre, qu’il veuille dépénaliser le cannabis — François Hollande et Jean-Marc Ayrault y sont hostiles — quand des chefs d’établissement se battent pour empêcher les élèves d’y toucher. Une communication brouillonne.

Son projet d’aménagement des rythmes scolaires a été soumis par deux fois aux syndicats. Ils ont dit non. Il s’agit certes du bien-être des enfants, mais on change les habitudes ! Les enseignants n’ont pas tous envie de travailler le mercredi matin. Ils voudraient aussi un rattrapage de salaire par rapport à leurs collègues du secondaire.

Quand on s’appelle Peillon, on paye. Il est question d’une prime annuelle de 400 euros. Sauf que Bercy et Matignon refusent de donner une rallonge au moment où Marylise Lebranchu annonce un gel des salaires de la fonction publique.

« Il n’a pas toujours le doigté nécessaire pour faire aboutir ce qui est nécessaire », tranche Jean-Christophe Cambadélis. L’erreur du ministre serait d’avoir voulu passer en force en prenant les gens de haut. Un péché d’agrégé qui ne supporte pas la contradiction d’en bas. “Laissez-nous du temps !”, implorent les enseignants. Mais, surtout, beaucoup de maires se plaignent de n’avoir pas les moyens d’organiser le mercredi le transport des enfants, de recruter les animateurs nécessaires aux trois quarts d’heure d’activités périscolaires, de payer la cantine. La réforme ne sera pas généralisée en 2013.

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