Sur « Comment finissent les régimes parlementaires » de Jacques Bainville

Jacques Bainville
Jacques Bainville

Il est, au sein de la cause royaliste, un malheureux travers qui, un jour ou l’autre, peut prendre n’importe quel défenseur de la pensée monarchiste : celui du défaitisme, du pessimisme résigné face à l’ampleur de la tâche et l’apparente force qu’arbore le régime républicain. Ce pessimisme, toujours vertement condamné politiquement par le penseur Charles Maurras, le fut également historiquement par Jacques Bainville, comme nous le montre admirablement bien cet article.

« On y verrait combien il est facile de renverser un gouvernement, surtout quand ce gouvernement se considère déjà comme incapable de durer. Goethe disait qu’on ne meurt que quand on veut bien mourir, autrement dit quand nous avons perdu cette volonté de vivre qui est le ressort de l’existence. C’est encore bien plus vrai des régimes que des hommes.« 

L’article dans sa globalité traite de cette incapacité à durer, intrinsèque au régime républicain et parlementaire, que l’Histoire nous montre. Par de simples souvenirs comme par la grande étude historique, par l’Histoire comme par les histoires, Jacques Bainville démontre cette inconstance, cette véritable instabilité de la république. Même par une reformation intellectuelle de la jeunesse, même par la force des baïonnettes, même par l’assise législative qu’elle impose, la république parlementaire prépare elle-même le terrain, par son incompétence, à un futur coup d’état qu’un Bonaparte, n’importe lequel d’ailleurs, s’empressera de commettre.

Les révolutions et les coups d’état s’enchaînent et se ressemblent terriblement. Des années 1850 à l’éclatement complet et total du III°Empire, seule l’instabilité politique semble triompher… Ce qui, à n’en pas douter, influencera grandement la vision populaire de la chose publique : comme le souligne Bainville par la mise en lumière de certains passages de l’Education Sentimentale, c’est bel et bien les prémices de l’actuelle fracture entre l’oligarchie gouvernante et le peuple qui semble se dessiner. Faut-il y voir d’ailleurs autre chose dans les rocambolesques instants qui précédèrent l’avènement de la III°république, dans cette journée du 4 Septembre où seul le prestige de Gambetta suffit à maintenir un semblant de cohérence ?

S’il y a une leçon à retenir de ce texte, elle se trouve indubitablement dans la conclusion : « Le régime des Assemblées est un régime détestable. Le bon peuple de France accueille toujours sa chute par des explosions de joie. Mais, lorsque c’est l’Empire qui s’implante à la place de la République, le résultat est aussi mauvais. L’autorité a du bon, mais l’autorité de tout le monde n’est pas bonne. Alors il ne reste plus, en fait de gouvernement autoritaire, qu’à opter pour la Monarchie…« 

La faiblesse politique et l’ineptie législative que supposent les régimes parlementaires ne font que préposer aux soulèvements autoritaires des Empires. Centralisateurs, ces archétypes césaristes n’ont pas les éminents résultats que l’on pourrait supposer : l’écrasement des libertés populaires et l’autoritarisme sans bornes ne mènent des ruines qu’au désastre. « L’autorité de tout le monde n’est pas bonne » : parce que cette autorité monarchique s’appuie sur une décentralisation politique, respectueuse des libertés populaires ; parce que cette autorité monarchique suppose un lien privilégié entre le Roi et son peuple, entre le gouvernant et les gouvernés, les destins étant indubitablement liés ; enfin, parce que cette autorité monarchique est intrinsèquement liée à une stabilité politique et législative, un courage réformateur et une constance législative, l’avènement monarchique est et doit rester une espérance logique que tout bon français peut avoir pour sa patrie.

Le pessimisme politique ne peut avoir de prise pour le français qui connaît son Histoire : l’apparente puissance républicaine repose d’abord et avant sur la reformation quasi-systématique de l’intellect des jeunes générations françaises, ignorantes de leur propre Histoire Nationale et politiquement désintéressées, voire amorphes. A nous royalistes, d’oeuvrer quotidiennement contre cette ineptie républicaine, et notamment en sensibilisant les jeunes français aux leçons historiques et politiques de l’Histoire de France.

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