Les syndicats voyous

Les syndicats voyousIls ruinent l’économie, cassent l’outil de travail, minent le dialogue social… et le gouvernement les amnistie. Enquête sur ces nouveaux intouchables.

Les pneus s’embrasent. Une asphyxiante colonne de fumée noire s’élève jusqu’aux visages casqués de policiers impuissants. Leurs boucliers ne les protègent plus. Ils encaissent les coups, scrutés par des caméras de télévision. Face à des émeutiers vêtus de tee-shirts rouges barrés par l’inscription “Goodyear patrons voyous !”, les policiers subissent une violence déchaînée. Nous sommes le 7 mars, à Rueil-Malmaison. Dix-neuf policiers seront blessés. Comme le 29 janvier, à Namur (Belgique), où les salariés de l’usine ArcelorMittal avaient blessé cinq policiers. Comme le 6 février, quand des salariés des sites européens d’ArcelorMittal avaient convergé vers le Parlement européen. Dans le cortège, la préfecture du Bas-Rhin dénombrait « quelques éléments particulièrement violents et déterminés à blesser et à casser ». Bilan : douze gendarmes et policiers blessés. Illustration de la violence que font régner certains syndicalistes (lire page 15).

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a beau évoquer les risques « d’implosion ou d’explosion sociale » que font courir les syndicats, quel pire signal pouvait adresser le gouvernement aux professionnels de la casse que d’adopter une proposition de loi d’amnistie des faits commis à l’occasion des mouvements sociaux ? « C’est une catastrophe, un non-sens », déplore Jean- Luc Chauvin, président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône). Une “prime à la casse” que cette proposition de loi “pousse-au-crime”, dont la principale conséquence est de renverser le monopole de la violence légitime théorisé par Max Weber… Les effets n’ont pas tardé : « Ce n’est pas un hasard, poursuit Jean-Luc Chauvin. Un policier blessé, ça peut être un accident. Dix-neuf, c’est d’un autre ressort. »

Un tel déferlement de violence ne saurait avoir lieu sans la complaisance de certains “appuis”. À commencer par celui des politiques, par lâcheté ou par calcul, évoquant des “échauffourées” au lieu de combats urbains, insistant sur la “colère”, la “détresse”, le “désarroi” ou le “désespoir” des casseurs, appelant au “dialogue” pour éviter l’“affrontement”… Les médias aussi ont leur part de responsabilité. En avril 2009, les salariés de Continental saccagent la sous-préfecture de Compiègne. Mais les caméras d’une grande chaîne de télévision arrivent trop tard pour saisir l’événement. La scène sera… “rejouée” par les “Conti” pour passer au 20 heures !

« On ne peut pas casser l’outil de travail », prévient pourtant Manuel Valls, rebaptisé « bon petit soldat du capital » par le NPA de Besancenot et Poutou, qui ont appelé à voter… Hollande au second tour de la présidentielle en 2012. Autre cri d’alarme, au vitriol cette fois, venu d’outre-Atlantique : Maurice Taylor, président-directeur général de Titan International, invite les salariés de Goodyear Amiens à « traîner la CGT en justice ».

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