Magnifique Bretagne : Manoir de Stang-Al-Lin (29)

Gustave Bonduelle et son épouse habitent donc le manoir de « L’étang du lin » encore appelé le « château rose » à cause de sa couleur d’origine. Ils exploitent la métairie ainsi que la cale huîtrière qui lui est rattachée.
 
Gustave meurt en 1922. Son épouse Julia, née Martineau, l’occupe pendant les trois ans où elle lui survit. En 1925 Stang-ar-lin est alors acquise par un certain Monsieur Flondrois, ingénieur en Travaux publics de son état. Ce dernier a fait une carrière internationale, construisant de nombreux ouvrages à l’étranger. Il rapportera de ses séjours en Extrême-Orient un goût pour les jardins asiatiques. Dans le jardin trônait un imposant Bouddha doré assis sous un portique ressemblant à un « tori » japonais ; le parc abritait nombre d’espèces tropicales ramenées de ses voyages ; dans le bassin évoluaient des carpes et des poissons
exotiques…
A sa mort, sa fille reprend la propriété. Elle épouse un capitaine au long cours, Monsieur Lenail. La fille Flondrois, que l’on disait portée sur la bouteille, glisse dans les escaliers en colimaçon, forts pentus, du manoir et se tue. Lenail se remarie avec la veuve Janiou. Sa vie, à lui, s’achève en 1950.
 
Stang-ar-lin est alors racheté par un membre de la famille Peugeot. Pour vaste qu’il soit, le manoir ne suffit bientôt plus à héberger ses nombreux enfants. Il revend la propriété à la famille « Jan ». Après le décès, en 1970, de Clément Jan et celui de son épouse Eliane en 1983 la propriété revient aux enfants composée de Norbert, Philippe et Béatrice, épouse Blanchet. Au terme de donations entre vifs, ils la revendent ensemble, le 21 octobre 1990, pour trois millions et demi de francs, à un hôtelier-restaurateur espagnol : José Cabeza Cabeza. Ce dernier – faisant pièce à l’histoire de la princesse Narisckhine – prend pour épouse une femme beaucoup plus jeune que lui qui le ruine après le procès qui a suivi leur divorce. Il avait souscrit un emprunt auprès la « Banco Sabadell ». Ce créancier récupère la propriété au terme d’un jugement du 4 juillet 1994 ; mais la banque espagnole ne s’occupe plus du bien. Stang-ar-lin, abandonné, tombe en déréliction. Il est pillé. Le mobilier disparaît. Les vitraux sont en partie brisés. Le Bouddha lui-même n’échappe pas à la destruction. Quant aux jardins, il n’en reste rien.
 
C’est dans ce triste état que la propriété est rachetée en 1996 par Monsieur Denier. Depuis, le propriétaire des établissements Digital à Concarneau consacre une grande partie de ses ressources à remettre le bâtiment en état. Réhabilité, le manoir pourrait-être inscrit à l’inventaire des monuments historiques.
 

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