Adieu à un frère d’armes

Le caporal Van Dooren est mort pour la France sur le sol malien. Le sacrifice consenti d’un homme de vingt-quatre ans qui aimait la vie.

Van Dooren, tu es tombé, samedi 16 mars, sur le sol malien. À 24 ans. En laissant derrière toi une petite fille qui ne jouera jamais avec son père et une jeune femme qui ne reverra plus l’homme qu’elle aime.

Entre frères d’armes, nous parlons peu de la mort, mais elle plane et nous suit comme une ombre. La mort que l’on peut donner. Celle que l’on peut recevoir. Servir jusqu’au sacrifice suprême n’est pas vain. C’est assumer le choix du dévouement. Tu n’es pas une victime, Van Do. Soldat professionnel, tu as librement consenti au sacrifice suprême. Une décision d’homme. Tu dois t’en douter, j’ai l’impression que mes mots sonnent creux. Pourtant, je te les dois. À toi et aux tiens. Pour expliquer ta mort. Qu’est-ce qui amène un jeune Français à mourir sur une piste poussiéreuse de la vallée de l’Amettetaï, aux confins du monde ? Le courage. Le choix de la force assumée, mise au service des faibles. Le besoin de faire voler en éclats ses propres limites. Peut-être, aussi, le désir de l’action noble et belle.

Tu étais fier d’appartenir au 1er régiment d’infanterie de marine, le régiment de Bir Hakeim, dont le drapeau s’enorgueillit de quinze noms de batailles. Tu y as rajouté ton histoire. Celle d’un raid blindé de plusieurs centaines de kilomètres dans le désert, de Niamey jusqu’à cet adrar des Ifoghas où tu débusquais avec tes camarades les criminels qui coupent les mains des petits voleurs d’étals et lapident les femmes qui s’abandonnent à l’étreinte d’un amant.

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