30 Mars 1805 : Première Réunion de l’Académie Celtique

Kroaz Du, le drapeau bretonEn sa séance inaugurale du 30 mars 1805, l’Académie celtique s’assigne la mission suivante :
« Le double but que se propose l’Académie est aussi important, aussi utile que bien déterminé ; c’est la recherche de la langue et des antiquités celtiques (…). Ainsi notre but doit être, 1°. De retrouver la langue celtique dans les auteurs et les monumens anciens ; dans les deux dialectes de cette langue qui existe encore, le breton et le gallois, et même dans tous les dialectes populaires, les patois et jargons de l’empire français, ainsi que les origines des langues et des noms de lieux, de monumens et d’usages qui en dérivent, de donner des dictionnaires et des grammaires de tous ces dialectes, qu’il faut se hâter d’inventorier avant leur destruction totale ; 2°. De recueillir, d’écrire, comparer et expliquer toutes les antiquités, tous les monuments, tous les usages, toutes les traditions ; en un mot, de faire la statistique antique des Gaules, et d’expliquer les temps anciens par les temps modernes ».
(“Discours d’ouverture. Sur l’établissement de l’Académie Celtique, les objets de ses recherches et le plan de ses travaux ; lu à la première assemblée générale de cette Académie ; le 9 germinal an XIII, par le Secrétaire perpétuel” [Eloi Johanneau], Mémoires de l’Académie celtique, tome I, 1807, p. 63-64).

Une société savante précurseur

C’est une entreprise originale que celle de l’Académie celtique, et novatrice pour l’ethnologie de la France, car nous sommes encore au temps des “antiquaires”, le terme “folk-lore” (la science du peuple) n’apparaissant en Angleterre qu’en 1846, sous la plume de l’écrivain britannique William John Thoms (1803-1885).

Or cette Académie ne se contentera pas seulement de « recueillir » et « d’écrire », mais va « comparer et expliquer toutes les antiquités, tous les monumens, tous les usages, toutes les traditions », même s’il s’agit de le faire pour retrouver les survivances des temps anciens de la Gaule celtique. Ainsi, il ne s’agit plus simplement d’inventorier pour mieux “déchiffrer la France”, comme le fait la statistique napoléonienne depuis 1801, statistique des préfets qui veut connaître la France rurale, coutumière et patoisante pour mieux construire et gouverner la Nation, la statistique se définissant alors comme « l’exposé méthodique et positif des objets qui composent la richesse et le force d’un Etat » (J. Peuchet, Essai d’une statistique générale de la France, Paris, Testu, an IX).

On pourra découvrir d’autres pans de cette académie ici.

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