Défense. 5.000 emplois évaporés à Brest

Depuis 2007, le pays de Brest aurait perdu 5.000 emplois dans les activités liées à la Défense ! Le chiffre claque mais le mouvement s’est fait en douceur. La ville se distingue aujourd’hui par la montée de l’emploi de haut niveau dans les activités civiles liées à la mer, aux nouvelles technologies et à la finance.

Comment 5.000 emplois peuvent-ils disparaître en six ans, dans le pays de Brest, sans heurts, sans clameurs et sans amoncellement quotidien de pneus brûlés ? C’est la question que l’on peut légitimement se poser alors que ce chiffre brutal circule dans les milieux économiques de la ville, à propos de l’évolution des activités de Défense, sans trouver une traduction comptable détaillée. Mais du côté de la Marine comme de l’Adeupa (Agence de développement économique locale), on ne remet pas en cause cette estimation délicate à établir tant il faut prendre en compte
de paramètres multiples. Ce chiffre a également été avancé lors d’une réunion de l’association Investir en Finistère, mais sans plus de précisions.

Du Livre blanc à la Jeanne

D’abord, il faut rappeler que le Livre blanc de la Défense, établi en 2007, a programmé la disparition de 55.000 emplois dans les trois armes, sur cinq ans (*). L’Armée de terre a été particulièrement touchée mais la Marine n’y a pas échappé. Et comme Brest concentre 40 % des effectifs marins (un peu moins qu’à Toulon), l’impact a été fort, d’autant que le territoire compte également quelques éléments des Armées de l’air et de terre, dont la réduction des effectifs vient gonfler le déficit global. Aucun chiffre officiel n’a été publié par la Marine mais il se situe vraisemblablement entre 2.500 et 3.000 postes supprimés ou externalisés, si en plus des mesures du Livre blanc, on prend en compte d’autres éléments comme le désarmement de la Jeanne-d’Arc basée à Brest, dont la mission est désormais affectée aux BPC (bâtiments de projection et de commandement) Tonnerre et Mistral, basés à Toulon.

La fin de la construction neuve

Ces deux BPC ont, du reste, marqué un tournant dans l’histoire de l’arsenal de Brest. Ils constituent actuellement les derniers bâtiments neufs, achevés à Brest et livrés en 2006 et 2007 avec, pour incidences consécutives, une compression des effectifs de DCNS Brest (aujourd’hui stabilisés à environ 2.800 personnes) et des pertes encore plus sensibles dans la sous-traitance, longtemps composante majeure des constructions neuves, avec des variations sensibles d’effectifs au fil des chantiers. À cela il faut ajouter l’impact global de toutes ces mesures sur l’ensemble du tissu industriel lié à la Défense mais également dans le secteur marchand, puisque la Marine est un important donneur d’ordres dans de multiples domaines d’intendance et que son personnel contribue à toutes les activités commerciales de Brest. Au sein de la Marine, le choc a été partiellement amorti par le raccourcissement des carrières. Elles sont aujourd’hui moins longues que par le passé, les contraintes financières incitant la Royale à privilégier la jeunesse des effectifs à l’ancienneté budgétivore. « La moyenne d’âge dans la Marine est actuellement de 28 ans », remarque à ce propos Lionel Delort, officier de communication à la préfecture maritime de Brest. Autant dire que les marins, dans leur grande majorité, cessent leur activité après le contrat de quinze ans. Ce qui explique, là encore, cette fonte des effectifs en douceur et de façon très diffuse, contrairement à certaines villes de garnison qui ont vu fermer l’unique régiment basé dans leurs murs. Là, le choc est plus brutal et plus aisé à quantifier.

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