[Le Génie Français] Agronomie, avec Henri Duhamel du Monceau

Henri Duhamel du MonceauBaptisé à Paris le 22 Juillet 1700, Henri Duhamel du Monceau a, comme le fit plus tard Augustin Cauchy, marqué d’une pierre blanche l’Histoire de France et ce, dans divers domaines : chimie, sylviculture, marine ou agronomie. Très tôt passionné par la physique et la découverte des plantes, il s’inscrit aux cours des savants du Jardin du Roi, où il fréquente de célèbres scientifiques de l’époque comme le botaniste Antoine de Jussieu ou encore Sébastien Vaillant qui, selon l’expression de Linné, « commencera la réformation de la botanique ».

En 1728, il présente son mémoire sur la « mort » du safran à l’Académie royale des Sciences, devenant ainsi l’un des fondateurs de la phytopathologie, et  il y est nommé adjoint-chimiste le 22 Janvier. Ses travaux dans les domaines de la chimie, notamment sur la préparation du carbonate de soduim (« base de sel marin »), préfigureront ceux des grands chimistes comme Leblanc ou Lavoisier. C’est d’ailleurs à Duhamel que revient le mérite de la séparation de la soude et de la potasse.

La Monarchie ayant depuis Richelieu le grand projet de création d’une grande flotte, la construction navale n’a de cesse de prendre davantage d’importance dans l’articulation économique du pays. En ce sens, et par la renommée de ses connaissances, Henri Duhamel est nommé le 1°Août 1739 Inspecteur Général de la Marine pour le Ponant et le Levant par Louis XV. Insufflant un souffle nouveau à la Marine Française, il fonde en 1741 une première école de formation, qui préfigurera celle qu’il fondera en 1765, l’Ecole des ingénieurs-constructeurs de vaisseaux royaux, ancêtre de l’actuelle Ecole Nationale Supérieure des Techniques Avancées. On devra notamment à Duhamel un magnifique ouvrage, Elements d’architecture navale, publié en 1752, qui connaitra un véritable succès dès sa sortie, et plusieurs traductions.

Mais Henri-Louis Duhamel n’en n’oublie pas ses véritables passions et s’attachera donc dès 1754 à l’agronomie et à la sylviculture. Ainsi, afin de répondre aux légitimes inquiétudes face à la situation forestière française, il publiera son Traité des Forêts, vaste recueil composé de 5 ouvrages, chacun traitant de manière complète une problèmatique donnée, fournissant une justification théorique aux pratiques forestières de l’époque. Il se distinguera notamment dans le domaine de la régénération artificielle des forêts, fondant la première station de recherche sylvicole en France, et proposant la première méthode d’estimation des arbres sur pied. C’est en agronomie qu’il connaitra réellement la postérité par la publication en 1761 de son Traité de la Culture des Terres, premier grand ouvrage agronome français depuis Olivier de Serres.

Il décèdera le 22 Août 1782 à Paris.

D’après André Bourde :

« le ton de sa correspondance dénote un homme bon et consciencieux, échangeant volontiers ses idées avec de nombreux correspondants et laissant à ceux-ci le privilège de leurs découvertes, acceptant de bonne grâce leurs observations. (…). Il y a chez Duhamel un fond très remarquable de probité et de modestie qui ne manqua jamais d’ailleurs d’être hautement reconnu par tous ceux qui furent en relation avec lui. (…). La Marre, son défenseur et son collaborateur l’appelle ‘ce vrai savant’, ‘une belle âme’ »

On pourra trouver la liste des ouvrages d’Henri-Louis Duhamel ici.

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