L’éternel écueil parlementaire

Obstruction parlementaire et parlement français

A la lecture de l’actualité,  force est de constater que l’actuel système politique français, mélange atypique entre parlementarisme et  présidentialisme (notamment à l’époque de l’hyperprésident), s’inscrit davantage dans l’héritage rousseauiste que dans celui de son illustre prédécesseur Montesquieu. Séparation rigide des pouvoirs plutôt que distribution, la V°République consacre l’autorité légale-rationnelle[1] au sein d’un régime politique qui prône une dépendance certaine de l’exécutif au législatif. Si cette dépendance a pour but de prévenir tout risque d’excroissance dictatoriale du pouvoir exécutif, rien n’est fait pour prévenir tout débordement parlementaire, la sagesse du Législateur étant « quasi-divine » et irréfragable.

Pourtant, les dérives parlementaires existent, et il suffit de se souvenir de quelques exemples historiques de régimes d’assemblées pour s’en convaincre, comme la Convention de 1793 ou la Présidence de Jules Grévy sous la III°République[2]. Aujourd’hui, l’actuel bicaméralisme souffre de nombreux maux, dont l’inflation normative et les privilèges douteux restent les écueils les plus saillants.

Car la beauté des termes réside dans la capacité à les utiliser à bon escient : élus, députés et sénateurs jouissent réellement d’affligeants privilèges qui, en ces temps de crise économique, les éloignent de la dure réalité populaire. La dernière saillie du triste sire Guaino suffit à s’en convaincre : « On est très mal payé. On travaille dans des conditions déplorables, à cela s’ajoutent les soupçons. » L’outrecuidant ne manque assurément pas d’air : l’indemnité mensuelle d’un député reste tout de même de 7 100 euros brut (sans compter les indemnités de frais de mandats et tant d’autres « à côtés »). A l’heure où le nombre de chômeurs connaît de bien tristes records, où les français sont légalement spoliés par le rouleau compresseur socialiste, le député UMP a encore l’indécence de se plaindre… C’est dire !

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