Pierre Péan et les Massacres du Mans : une interview du Maine Libre.

Dans une interview de Pïerre Péan sur les Massacres du Mans parue ce jour (mainelibre.fr), voici le témoignage d’une plume qui « n’écrit que sur des sujets qui le passionnent ». Pour Pierre Péan »Il serait temps d’avancer sur le chemin de la reconnaissance des torts. La Terreur reste une tache dans l’histoire de la République… »

Voici 220 ans, un épisode tragique des Guerres de Vendée s’est joué au Mans les 12 et 13 décembre 1793. Le journaliste et écrivain Pierre Péan revient sur cette page sensible de la Révolution.

"Pierre Péan a découvert des documents inédits qui témoignent de cette rage tragiquement libérée lors de la bataille du Mans les 12 et 13 décembre"

Pas de quartier. Telle était la devise des armées de la République au moment de mater les rebelles de la Vendée militaire. Au cours de ses recherches, Pierre Péan a découvert des documents inédits qui témoignent de cette rage tragiquement libérée lors de la bataille du Mans les 12 et 13 décembre.

En cet hiver 1793, l’armée républicaine du général Westermann se livre à une traque impitoyable. Au Mans, la horde dépenaillée d’hommes, femmes et enfants subit une terrible défaite relatée par le commissaire Maignan au Comité révolutionnaire : « Je n’avais encore point vu de carnage comme celui-là. La route est jonchée de cadavres. Tout a été criblé par l’artillerie, le fusil et l’arme blanche. Femmes, prêtres, moines, hommes et enfants, tout a été livré à mort. »

Le Maine Libre : En 2008, dans « Une blessure française » vous abordez la Terreur à partir d’une enquête menée à Maumusson, berceau de votre famille dans le pays d’Ancenis. Pourquoi revenir sur cet épisode de la Révolution ?

Pierre Péan : Je n’écris que sur des sujets qui me passionnent. J’ai découvert qu’à Maumusson, village de ma mère, et à ses alentours, la Terreur a laissé de nombreux morts. À l’échelle de l’Ouest, le chiffre des tués est hallucinant. Or ces victimes n’étaient pas des fanatiques obscurantistes, mais des gens simples.

Deux gros siècles plus tard, le sujet reste sensible. Comment l’expliquez-vous ?

Par le refus de la République de reconnaître ce qui s’est passé. La violence de cette période est inouïe. Heureusement, depuis quelques années, les historiens étudient à nouveau le sujet. La Révolution n’est plus abordée comme un bloc monolithique de 1789 à 1797. On pose un regard plus distancié, même s’il reste des lectures robespierristes. Cette remise en perspective doit beaucoup à l’historien François Furet.

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