Les 22 et 23 août 1914

« La loi est dure, mais éternelle : toutes les fois qu’une civilisation affronte une barbarie, la barbarie, même succombante, blesse la civilisation. Il faut s’y résigner ou consentir à une extrémité autrement effroyable, la victoire pure et simple de la barbarie. »Charles Maurras

On connaît l’antienne : la France c’est la civilisation l’Allemagne c’est la barbarie. Certes. Mais le ton change subtilement ce 23 août 1914. Il n’est plus seulement à flétrir l’Allemagne. Comment se comporter soi-même ? doit-on répondre aux exactions par d’autres exactions en réprésailles ? On sait que les prétendues exactions allemandes seront largement utilisées par la propagande de guerre — et leur symétrique le sera tout aussi généreusement en Allemagne — au début du conflit. Que Maurras en parle n’a donc rien de surprenant. On est néanmoins soulagé de voir comme céder ce que son anti-germanisme pouvait avoir de plus évidemment excessif aux premiers jours la guerre pour retrouver une plus juste mesure morale, une manière de s’interroger qui ressemble plus au Maurras épris de claire raison que l’on connaît.

Et le mouvement est un peu le même avec « les nouvelles d’hier » du jour précédent, le 22 août : le ton de Maurras reste optimiste car les événements ne l’ont pas encore détrompé, mais il se fait plus mesuré, on n’en est plus à la galvanisation des énergies qui présidait sans nuance aux premiers articles de guerre. Là aussi on retrouve un débat des faits, une volonté de lucidité quant aux événements militaires et à leurs enjeux, une analyse politique même qui reprend clairement le dessus.

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