Paul Bourget, l’essayiste royaliste (1/2)

Paul BourgetLe 2 Septembre 1952, l’écrivain monarchiste Paul Bourget rendait son âme à Dieu après 83 ans d’écritures romanesques et de militantisme. Relativement ignoré aujourd’hui, il convenait donc de rendre hommage à l’oeuvre de celui qui, dans l’Enquête sur la Monarchie de Charles Maurras, confiait : « la solution monarchiste est la seule conforme aux enseignements les plus récents de la science ».

Héritier politique d’auteurs contre-révolutionnaires célèbres comme Joseph de Maistre, Louis de Bonald ou encore Fustel de Coulanges, Paul Bourget reste, avec René Bazin et Henri Bordeaux, l’un des « 3 B »1, ces auteurs de référence des milieux catholiques et traditionalistes du début du XX°Siècle. Converti au catholicisme en 1901 après un cheminement spirituel d’une dizaine d’années, Paul Bourget se fait tour à tour défenseur de la famille, de l’Eglise et de la Monarchie, toujours en gardant intacte la ferveur de sa Foi, comme l’écrivait Charles Maurras, dans son Triptyque de Paul Bourget :

« Il est devenu un fervent chrétien. Ceci doit s’entendre au sens strict. […] M. Paul Bourget croit. Il voit. Il sent, dit-il, la vérité pratique du dogme chrétien. »

Surnommé le « Prince de la Jeunesse » par Charles Maurras suite à son adhésion à l’Action Française en 1900, Paul Bourget ne cache pas son but, « il faut défaire systématiquement l’œuvre meurtrière de la Révolution française »2. Ardent défenseur d’une réelle décentralisation et pourfendeur de l’esprit démocratique et révolutionnaire, son adhésion au royalisme « avait valu pour sa cause une armée de cent mille hommes », pour citer une nouvelle fois le Maître de Martigues. Antidreyfusard, il se refuse toutefois à condamner Zola et, malgré les pressions, se refuse à tout antisémitisme. Son amie et romancière Edith Wharton résumait sa position antidreyfusarde « à la certitude que l’armée française ne pouvait pas se tromper »3, position partagée par beaucoup de français de l’époque.

1Selon Frédéric Fabre, classification à laquelle on pourrait, selon Georges Henri Dumont, ajouter Maurice Barrès pour former les « 4 B »

2Outre-Mer, Paris, Lemerre, 1895

3Edith Wharton, « Souvenirs du Bourget d’Outre-mer », la Revue Hebdomadaire, Paris, 20 Juin 1936, p.268

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