Patrimoine

Histoire de l’Eglise de Saint Yves des Bretons à Rome

saint yves des bretons, rome, saint louis des français, eglise catholique, bretagne, breizh, feiz ha breizhExemplaire à plus d’un titre : Sanctuaire vénéré de tout un peuple, consacré au Patron de la Bretagne, il a été le symbole de la présence au cœur de la Ville Eternelle, d’une nation fière, dynamique et prospère qui jouait alors dans la Chrétienté un rôle important.

Quand la Bretagne eut cessé d’être un Etat souverain, cette fondation va en subir les contrecoups très rapidement, et cela d’autant plus que si le Traité de 1532 garantit au peuple breton le maintien d’une part importante de ses libertés politiques, il présente de graves lacunes concernant les libertés religieuses, fort bien défendues, sans doute parce que les signataires bretons avaient considéré que ces libertés allaient de soi, et, c’est justement par ce canal que la monarchie française commencera l’investissement de la Bretagne par l’intérieur : domestiquant l’Eglise bretonne en nommant aux postes-clefs des hommes à sa dévotion, elle va en faire un cheval de Troie et une machine de guerre.

Ainsi l’un des premiers gestes de Henri III le Mignon sera-t-il la destruction de la Compagnie de Saint-Yves des Bretons et le rattachement de son sanctuaire au propre sanctuaire des Français à Rome, assorti de la confiscation de la dotation considérable qui y était attachée.

La présence des Bretons à Rome

Depuis les temps les plus reculés, les pèlerinages au siège de la Catholicité avaient toujours connu une grande vogue en Bretagne, mais comme pour les autres nations de la Chrétienté le courant en avait été très affaibli, presque tari par les troubles consécutifs aux querelles entre les Papes et l’Empereur d’Allemagne et les luttes intestines qui avaient désolé l’Italie. Les Croisades avaient pour un temps localisé l’attention du monde chrétien sur l’Orient, les lieux saints de Palestine, la délivrance du tombeau du Christ, puis les Papes avaient été contraints à s’exiler en Avignon, délaissant la Ville Eternelle. Avec leur retour triomphal à la fin du XVIème siècle, ces pèlerinages vont reprendre vie et vigueur, rendus plus populaires encore par l’établissement des jubilés.

Or un pèlerinage à Rome à cette époque, surtout quand on partait de régions aussi éloignées que la Bretagne, était une véritable aventure, une entreprise d’autant plus hasardeuse que bien souvent les pèlerins eux-mêmes ne réalisaient pas très bien les grandes distances qu’ils avaient à parcourir, les difficultés, les dangers qui les attendaient tant du fait du peu de sécurité des routes que de la maladie. Beaucoup partaient avec des ressources insuffisantes ; leur situation à Rome, surtout celles des plus pauvres, il pouvait se révéler pénible et même tragique. Il fallait aussi procurer à beaucoup un viatique pour le retour afin qu’il ne périssent pas en chemin.

Source et suite de l’article sur Ar Gedour Mag

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