Peut on parler du génocide vendéen ?

Intéressante tribune parue dans France Catholique sur la réalité du Génocide Vendéen, à l’heure où les députés débattaient sur une énième loi mémorielle. L’article au complet est à lire ici : http://www.france-catholique.fr/Peut-on-parler-du-genocide.html

L’extrait qui suit parle exclusivement de l’aspect « Mémoricide », extrêmement bien démontré dans le nouvel ouvrage de Reynald Secher :

« […] Mais alors commence, selon Rey­nald Se­cher, un mémoricide, expression dont il revendique la paternité. Le nouveau pouvoir va condamner Carrier, à huis-clos, sans aucun représentant des victimes, pour éviter de mettre en question la responsabilité de l’État et de ceux qui sont maintenant au pouvoir et se sentent complices. Mais en acquittant Turreau, qui n’aurait fait qu’obéir aux ordres, ce pouvoir se contredit en reconnaissant de fait la responsabilité du Comité de salut public… Un silence sur les véritables culpabilités s’installe, même si Napoléon et Louis XVIII vont pratiquer, fort justement, une véritable politique d’indemnisations. Cette loi du silence ne se perpétue-t-elle pas quand on donne le nom de Robespierre à des collèges et des lycées, et à de nombreuses places et rues ceux de Carnot, Kleber ou Marceau ? Les noms des génocidaires sont inscrits sur l’Arc de Triomphe. L’État français n’opère-t-il pas avec les Vendéens comme l’État turc vis-à-vis des Arméniens  ? La question nous dérange, voire nous choque.

Pourtant, avons-nous jamais pris la mesure de ce qu’écrivaient les Conventionnels en 1795 ? : « Il faut employer le fer et le feu, mais en rendant les Vendéens coupables aux yeux de la nation du mal que nous leur ferons.  » Alors que les Vendéens défendent l’égalité (face à la conscription) et la liberté (de culte) face à un pouvoir qui renie dans les faits les droits de l’homme et la devise républicaine, ils se retrouvent en position d’accusés, au moment des faits, mais également aux yeux de l’histoire majoritaire. Aujourd’hui encore, par une forme de terrorisme intellectuel, toute personne qui lève le voile sur ces massacres programmés est forcément «  d’extrême droite  ». Comment comprendre que les victimes deviennent des bourreaux dans le regard des autres  ? Peut-être faut-il s’appuyer sur la théorie du bouc émissaire selon René Girard  ? De nombreux mythes fondateurs de sociétés commencent par le meurtre d’un innocent. Mais pour que la foule unanime se dédouane de sa violence coupable, elle doit se persuader que le bouc émissaire, innocent, est en fait coupable. Il a eu ce qu’il méritait. C’est de sa faute  !

Reynald Secher et la psychanalyste Hélène Piralian dans sa postface entrevoient une dimension psychique à cette loi du silence. Le mémoricide est mortifère. Comment faire son deuil lorsque la victime n’est pas reconnue comme victime  ? Les descendants des survivants sont pris dans une double contrainte  : d’un côté ils ne doivent pas oublier ces morts tragiques, de l’autre ils sont contraints au silence sous peine d’être « coupables aux yeux de la nation  ». Le déni détruit le lien généalogique et bloque le présent. Certains subliment par une résilience active, qui pourrait expliquer le dynamisme des entreprises vendéennes. D’autres ont tellement intégré le discours culpabilisant qu’ils adoptent les propos des bourreaux par une sorte de syndrome de Stockholm, comme Clemenceau. D’autres aussi craignent le chaos ou sont en rébellion intérieure avec un sentiment d’injustice et d’oppression. D’autres encore se démènent avec des pulsions mortifères. »

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