[Les premiers textes maurrassiens] : le Travail en France

Il est parfois fort intéressant de relire ces textes, datant de 125 ans, pour constater leur actuelle pertinence et les clés qu’ils donnent pour appréhender les solutions aux problèmes les plus complexes. Ainsi, on peut lire au sein du texte Le Travail en France (à lire entièrement ici), daté de 1887 :

[…]insiste sur le danger qu’il y a à mêler la politique aux discussions d’intérêt professionnel et d’économie sociale : en premier lieu on sort toujours de la question, en second lieu on ne s’entend jamais, et eu troisième lieu on risque de compromettre les intérêts pour lesquels on combat. Les discussions de pure théorie sur les principes et sur les abstractions nous paraissent sinon également dangereuses, au moins très inutiles.[…]

Nous pouvons aisément voir transparaître les actuelles inepties politiques dans ces quelques lignes : le Ministère du Redressement Productif et son véhément ministre Montebourg en sont les exemples-types. En mêlant politique aux affaires industrielles, les brassages d’airs se multiplient et freinent littéralement la mise en place de solutions durables face au problème des délocalisations et fermetures d’usines… On pourra notamment prendre la dramatique affaire PSA comme preuve : les gesticulations des ministres, jointes aux pseudo-menaces (1) d’un président peu crédible ne servent qu’à finir de décrédibiliser durablement les gouvernants français.

On peut lire, dans la suite de ce texte :

[…]Aujourd’hui, par les rapports tendus qui existent entre les ouvriers et les patrons, l’état de salarié c’est l’état révolutionnaire en permanence. L’antagonisme qui règne entre les représentants des deux facteurs du produit est un fait brutal, indéniable, qu’il importe de neutraliser dans ses effets dangereux.[…]

C’est là un bilan essentiel que les socialistes comme les gouvernements précédents n’a pu ni voulu solver, le balayant d’un revers de la main. Pourtant, cet antagonisme est fondamental et grève profondément l’industrie française en inhibant tout dialogue social en cas de crise, en sus des autres considérations économiques que peuvent susciter ces difficiles instants. Les propos des responsables syndicaux (1 ; 2) et le déni des dirigeants mènent tout droit à l’impasse sociale : faut il arriver à d’immenses conflits sociaux pour les gouvernants comprennent que l’antagonisme est une ineptie profonde, qu’il faut absolument remplacer par la coopération industrielle, loin des intérêts politiques et partisans ?

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