L’Affaire Dreyfus et la découverte royaliste

Maurras et la découverte royalisteVoici la seconde partie de la biographie de Charles Maurras publiée dans le dernier numéro de Prospectives Royalistes de l’Ouest :

Les années 1895-1896 se révélèrent être les années charnières pour Charles Maurras. Ecrivant maintenant dans de nombreux journaux tels que la Cocarde de Maurice Barrès ou la Gazette de France, il couvrit pour cette dernière les Jeux Olympiques  de 1896 et rentra véritablement changé de ce voyage. Face au romantisme et au germanisme de cette fin du XIX°Siècle, Maurras devint l’un des plus grands chantres du classicisme et de la défense de la civilisation gréco-latine.

Ces années virent surtout éclater l’Affaire Dreyfus, celle-là même qui divisa pendant des années les français. Maurras, tout comme grand nombre d’intellectuels (Barrès, Brunetière, etc…)  de cette époque, prend le parti antidreyfusard  non pas comme on a pu le prétendre contre la religion de Dreyfus mais pour l’honneur de l’Armée. Car la plupart des antidreyfusards ne s’opposent pas à Dreyfus en lui-même, mais bien à la révision de son Procès qui mettrait l’Armée en véritable porte-à-faux ce qui, en ces temps troublés (le président Carnot vient d’être assassiné et les « lois scélérates » promulguées), revenait à mettre en danger la Patrie.

Défendant sans cesse l’idée de Décentralisation (ouvrage de 1898), centrale pour toute saine politique nationale, Maurras en vint tout simplement à considérer l’idée royaliste comme la plus pertinente. C’est ce qui fit d’ailleurs la grande force de Maurras : il ne naquit pas royaliste, il ne le devint pas par tradition mais par intelligence et culture. C’est l’intelligence et l’étude politique qui poussa Maurras au Royalisme, gageure de la pertinence politique de l’idée royaliste.

C’est d’ailleurs pendant l’Affaire Dreyfus que fut créé l’Action Française par deux républicains, Maurice Pujo et Henri Vaugeois, où Maurras n’y entra que comme collaborateur. Le début de la publication de l’Enquête sur la Monarchie de Charles Maurras dans la Gazette de France, en 1900, allait complètement changer la donne politique. Cette inexpugnable volonté Maurrassienne de réveil patriotique et monarchique était véritablement catalysée par l’incroyable instabilité politique de l’époque, jointe au traumatisme de la défaite de 1870.

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