Autonomies et réunifications : le dernier tabou français ?

Bretagne Historique et autonomieParmi les tabous absolus du monde politico-médiatique figure la question des autonomies et des réorganisations locales. Alors que la ministre de la décentralisation Marylise Lebranchu doit annoncer son « acte III de la Décentralisation », on redoute, dans certains territoires, une déception supplémentaire. Et si la France avait peur de ses réalités locales ?

30 ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour que les Côtes du Nord changent de nom pour « Côtes d’Armor ». Conseil général, monde économique, communes, personnel politique, tout le monde était d’accord. L’administration française aura, elle, mis 30 ans à se décider. Cet exemple illustre la pesanteur de l’Etat quand il s’agit de changement institutionnel local. Plus inquiétant, il souligne la coupure complète entre une classe politique et médiatique et les réalités de l’outre-périphérique. Pourtant, des « points de fixation » existent depuis longtemps dans l’Hexagone. Parmi eux, « La collectivité territoriale Pays Basque » constitue un roman à elle seule. Les basques réclament leur département depuis 1789 et cette demande a toujours été ignorée. Le département est pourtant le symbole du jacobinisme révolutionnaire ! Elus locaux, chambre de commerce, d’agriculture tout le monde est d’accord pour une « collectivité basque ». Aucune réponse de Paris. Marylise Lebranchu, au début du nouveau quinquennat, avait laissé entendre qu’une reconnaissance des « basques de France » était envisageable, Manuel Valls vient récemment de fermer la porte dans un entretien au journal espagnol El Païs.

En Bretagne, la question de la Loire-Atlantique empoisonne le débat politique depuis 1941. C’est, en effet, à cette date que le régime de Vichy sépara le département nantais des 4 autres départements bretons. Redécoupage repris en 1981 pour créer les Pays de la Loire. Manifestations, attentats, pétitions, rien n’y fait. Des dizaines de vœux votés autant par le conseil régional de Bretagne que par les conseils généraux dont celui de Loire-Atlantique, une pétition de 7000 élus locaux n’entamèrent en rien le silence de l’Etat.

Et en Bretagne ce dossier n’est pas le seul à égratigner le tabou français : L’actuel ministre de la défense Jean-Yves Le Drian avait réclamé, en tant que président de la région Bretagne, le droit à l’expérimentation dans les domaines de la Culture, de l’Eau et des aides européennes à l’agriculture. En clair un timide statut d’autonomie. Une fois arrivé au pouvoir, le même Le Drian est devenu bien muet sur la question. Car c’est une constante depuis la troisième république : les élus Basques, Bretons, Corses, Occitans, Alsaciens ou Carribéens sont souvent très autonomistes à la maison et bien timorés à Paris.

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Une réflexion sur “Autonomies et réunifications : le dernier tabou français ?

  • 10 novembre 2012 à 8 h 40 min
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    Un article fort intéressant effectivement mais il faut préciser tout de même que c’est un tabou républicain et non français. Le parlement Breton a assuré une autonomie sous la monarchie. Fort est de constater que la république dite française n’a eu de cesse que de réduire les Libertés locales au profit de la liberté !

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