Les coûteuses réformes de Peillon

Les coûteuses réformes de Vincent PeillonLes premières annonces de Vincent Peillon et de Geneviève Fioraso restent floues, mais une chose est sûre : il faudra trouver de l’argent.

Beaucoup de bruit pour rien ? Après plusieurs mois de travail, le comité de pilotage de la concertation pour la refondation de l’école (sic) a rendu, début octobre, ses propositions au ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon. Cette concertation devait permettre de dégager les grandes lignes d’une loi d’orientation et de programmation, qui sera présentée début novembre. Elle aura finalement « accouché d’une souris », estime Patrick Hetzel, député UMP du Bas-Rhin et ancien directeur général de l’enseignement supérieur : « Du clientélisme à court terme, ce n’est pas du tout guidé par l’intérêt général », assène-t-il. De la maternelle à l’université, passage en revue des réformes annoncées.

Rythmes scolaires : les maires s’inquiètent

Le gouvernement a décidé de raccourcir la journée des écoliers français, réputée la plus chargée d’Europe. De six heures, elle passerait à quatre heures et demie ou cinq heures. La semaine serait donc allongée d’une demi-journée (les élèves iraient en classe le mercredi matin), mais ils seraient libérés plus tôt. Problème : l’enfant ne doit pas se retrouver seul, dans la rue ou chez lui où l’attendent “chips et télé”. On arrêtera donc les apprentissages à 15 heures 30 mais les élèves sortiront à 16 heures 30. Question : comment occuper cette heure ?

Des “accompagnateurs éducatifs” prendront le relais des enseignants. Qui seront-ils ? Des maîtres volontaires, des étudiants à bac +3, des bénévoles ? Bien qu’elles manquent de moyens humains, on évoque aussi les associations d’éducation populaire, comme la Ligue de l’enseignement ou la Fédération Léo-Lagrange, présidée par Bruno Le Roux, le “patron” des députés socialistes à l’Assemblée ! Si tous les enfants “bénéficiaient” d’un encadrement de ce type, la facture serait estimée à 1,5 milliard pour le seul secteur associatif. Impossible.

Autre coût : celui que devront supporter les collectivités locales. En France, tout ce qui a trait au fonctionnement de l’école primaire, sauf les enseignants et les programmes, est du ressort des communes. Dans certaines régions, l’école et surtout les transports scolaires constituent déjà le budget le plus important des communes. Les élus locaux s’inquiètent. Pierre-Yves Jardel préside une communauté de communes de 4 000 habitants dans la Marne. La réforme des rythmes scolaires pourrait coûter 20 000 euros supplémentaires chaque année à sa collectivité, mais les situations varient selon les endroits. Le président de l’Association des maires de France, Jacques Pélissard, a rencontré Vincent Peillon, le 17 octobre : « Avec le rétablissement du mercredi (les bus, la restauration…), on peut envisager un surcoût pour la commune de 50 euros par enfant et par an, estime-t-il. J’espère que le dispositif saura faire preuve de souplesse, pour s’adapter aux situations locales. »

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